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Pénurie de main-d'oeuvre, manque à gagner...la drogue ravage l'économie américaine

Seringues. (Photo d'illustration)

Seringues. (Photo d'illustration) - JONATHAN NACKSTRAND / AFP

Aux Etats-Unis, de nombreux candidats ne peuvent prendre leur emploi dans des entreprises, recalés lors des tests de dépistage de drogues. D'autres préfèrent même ne pas les passer et ne pas postuler. Les sociétés, quant à elles, manquent de main d'oeuvre et perdent de l'argent.

Les difficultés sont devenues criantes aux Etats-Unis, à en juger par ce reportage du New York Times. Ce dernier établit que l'économie américaine peine à recruter et perd de l'argent à cause de la consommation de stupéfiants, au premier rang desquels le cannabis mais surtout différents opioïdes (substances opiacées de synthèse, c'est-à-dire reproduisant les effets de l'opium sans y être apparentées, parmi lesquelles on compte par exemple la codéïne, la morphine ou des substituts à l'héroïne comme la méthadone). 

Un phénomène national

Les exemples de deux entreprises situées dans l'Ohio sont particulièrement frappants. Dans une société baptisée la Warren Fabricating & Machinery et sise dans la ville d'Hubbard, quatre processus de recrutement sur dix ont tourné court car le candidat avait été dépisté positif à un test de dépistage de drogue. Du côté de l'entreprise Columbiana Boiler, le manque de main d'oeuvre est tout aussi alarmant. Et il se traduit par une perte financière sèche: du fait de la pénurie de personnel, l'entité renonce à l'équivalent de 200.000 dollars de commandes chaque trimestre. Son patron, Michael J. Sherwin, ajoute ainsi: "Nous recherchons en permanence des employés et nous lançons des annonces tout le temps, mais au moins 25% des candidats échouent au test de dépistage". 

A côté des recalés du dépistage, il y a encore les individus qui préfèrent s'éviter pareille déconvenue et évitent de postuler à ces emplois, ce qui accroît bien sûr les problèmes du secteur.

Si l'Ohio, Etat où le monde du travail est particulièrement morose, est frappé de plein fouet par le phénomène, celui-ci n'est pas local mais national. Une étude fédérale a jugé que les abus dans les prescriptions d'opioïdes avait coûté 78,5 milliards de dollars à l'économie américaine rien que pour l'année 2013. Alan B. Krueger, économiste et ancien président, sous Barack Obama, du Council of Economic Advisers (Comité des conseillers économiques), a assuré que la consommation de drogue coince dans des emplois mal payés des gens qui, sans ça, auraient pu gagner davantage, et surtout, intégrer les classes moyennes.

Robin Verner