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Santé

Paternité tardive: l'âge du père peut aussi être un facteur de risques

Après 45 ans, les paternités tardives font courir plus de risques à l'enfant.

Après 45 ans, les paternités tardives font courir plus de risques à l'enfant. - Evagea - Flickr

Les gynécologues et obstétriciens réunis en congrès alertent sur l'âge des futurs pères. Au delà des questions éthiques, la réalité médicale rattrape aussi les hommes.

Lors d'une grossesse tardive, l'âge de la future maman n'est pas le seul facteur de risques. Celui du futur père aussi. Au-delà de 40 ans et plus encore de 45 ans, certains risques médicaux augmentent. Ce message, jusque là peu entendu, est porté par le Collège national des gynécologues et obstétriciens de France (Cngof), réuni en congrès du 7 au 9 décembre à Montpellier, dans l'Hérault.

Les gamètes masculins, dont la qualité décroît avec l'âge, sont en cause. Ainsi, comme pour les femmes, l'horloge biologique des hommes tourne.

> De quels risques parle-t-on?

Selon une praticienne interrogée par Le Parisien, les troubles sont d'ordre "physique et cognitif".

Ainsi, les risques de trisomie 21, d'autisme et de leucémie augmentent si le géniteur a 40 ans ou davantage. Après 45 ans, "la tumeur rétinienne" est plus fréquente et, plus généralement, après 50 ans les risques génétiques croissent. Les fausses couches et les malformations sont aussi plus nombreuses, quand le géniteur dépasse la quarantaine.

Du côté des maladies mentales, une étude parue le 26 février 2014 dans le Journal of the American Medical Association Psychiatry, dresse un tableau assez anxiogène. Dans les conclusions de ces travaux, il apparaît que la paternité tardive (après 45 ans) multiplie par 25 les risques de bipolarité, et par 13 la possibilité de troubles de l'attention.

> Combien de naissances sont concernées?

En France, selon les chiffres de l'Insee de 2015, quelque 1.576 enfants étaient nés cette année-là, de père ayant dépassé l'âge de 60 ans. Une minorité rapport aux 30-34 ans, tranche d'âge la plus représentée avec 259.024 naissances. Pour les 45-49 ans, le nombre tombe déjà à 32.164.

> Des conséquences sur l'aide médicale à la procréation?

S'il n'est évidemment pas question de réguler l'âge de procréation autorisé pour les pères, la question de l'aide médicale à la procréation et sa prise en charge par l'assurance maladie se pose, explique au Parisien le docteur Joëlle Belaisch-Allart. En Allemagne, rappelle le quotidien, l'équivalent de notre Sécurité sociale ne prend plus en charge les remboursements pour les hommes de plus de 50 ans.

David Namias