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"Pas même un moustique": le laboratoire de Wuhan se défend d'avoir laissé s'échapper le virus

Des employés d'un hôpital de Wuhan scellent une bouche d'aération d'une unité d'isolement le 12 mars 2020, avant la réouverture aux patients non-Covid-19

Des employés d'un hôpital de Wuhan scellent une bouche d'aération d'une unité d'isolement le 12 mars 2020, avant la réouverture aux patients non-Covid-19 - STR © 2019 AFP

Accusé par certains d'avoir "lâché" dans la nature le virus responsable de la pandémie de Covid-19, le laboratoire de virologie P4 de Wuhan se défend.

Le laboratoire de virologie de Wuhan, soupçonné d'avoir pu laisser fuiter le virus à l'origine du Covid-19, défend ses procédures de sécurité, dans un reportage diffusé par la télévision chinoise. Le laboratoire classé P4, soit le niveau maximal de sécurisation, et qui travaille sur des souches de virus particulièrement dangereuses dans la ville où le nouveau coronavirus est apparu à la fin de l'an dernier, fait l'objet de multiples hypothèses selon lesquelles il serait à l'origine de l'épidémie.

"Pas même un moustique"

Mais à la télévision publique CCTV, le directeur du Laboratoire national de biosécurité, Yuan Zhiming, a démenti une telle éventualité, évoquée notamment par le président américain Donald Trump. "Sans autorisation, même un moustique ne pourrait pas pénétrer dans le labo", assure Yuan Zhiming dans ce reportage, apparemment le premier réalisé à l'intérieur du site depuis son inauguration en 2017.

"Aucun de nos laborantins ne pourrait sortir ne serait-ce qu'une goutte d'eau ni un bout de papier. Les gens qui imaginent que nous pourrions sortir des animaux de laboratoire pour les vendre ou bien qu'ils pourraient s'en échapper n'ont aucune idée de notre fonctionnement", ajoute-t-il.

12 millions de contaminés

La théorie la plus communément admise sur l'origine du virus est qu'une chauve-souris aurait contaminé un autre animal, peut-être un pangolin, avant qu'il ne le transmette à l'homme. Le lieu le plus probable de la contamination initiale serait un marché de Wuhan où étaient vendus vivants des animaux sauvages.

L'épidémie a depuis contaminé au moins 12 millions de personnes dans le monde, dont plus d'un demi-million mortellement. Yuan Zhiming a jugé "naturel" que son laboratoire fasse l'objet de soupçons puisqu'il est le plus proche de l'épicentre de l'épidémie. Mais il s'est dit confiant que "les rumeurs se dissiperont progressivement".

Un "laboratoire très ouvert et transparent"

"Il n'y a jamais eu de fuite de pathogènes ni de contaminations humaines" au laboratoire, construit avec la collaboration de la France, a-t-il assuré. Si le site peut donner l'impression d'être "une boîte noire secrète", il est en fait "très ouvert et transparent", déclare Yuan Zhiming, qui espère accueillir des chercheurs étrangers à l'avenir afin de devenir "une plateforme d'échanges internationale". Un seul chercheur français travaille au P4 de Wuhan. La Chine a été accusée d'un manque de transparence dans sa gestion de l'épidémie et les Etats-Unis et l'Australie ont demandé une enquête internationale sur le sujet, provoquant la colère de Pékin.

B.F. avec AFP avec AFP