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Paris: la salle de shoot finalement installée dans l'hôpital Lariboisière

La première salle de shoot parisienne qui devait être installée sur le boulevard de la Chapelle devrait finalement être édifiée sur le terrain de l'hôpital Lariboisière.

La première salle de shoot de Paris ne sera pas installée sur le boulevard de la Chapelle mais dans un hôpital, a annoncé ce lundi au Monde Bernard Jomier, l’adjoint au maire de Paris chargé de la santé.

Alors que l'Assemblée nationale a accepté l'expérimentation des salles de consommation à moindre risque au mois d'avril, l'emplacement parisien viendrait donc d'être choisi. Le lieu initialement évoqué - 39, boulevard la Chapelle dans le 10e arrondissement - avait suscité un vif débat, et c'est finalement quelques centaines de mètres plus loin, sur le terrain de l'hôpital Lariboisière, que devrait être inaugurée la première salle.

La salle devait initialement ouvrir derrière la gare du Nord, au numéro 39 du boulevard de la Chapelle, sur un terrain mis à disposition par la SNCF. Mais l'idée ne faisait pas l'unanimité auprès des riverains, surtout ces derniers mois avec l'implantation d'un campement sauvage de migrants sous les rails du métro. "Il est clair que ce n'étaient pas des conditions optimales" et "une polémique était en train de naître avec les riverains qui était tout à fait dommageable à la sérénité du projet", a affirmé Bernard Jomier auprès de l'AFP. La nouvelle implantation choisie "indique clairement que c'est une problématique de santé publique", a-t-il ajouté, expliquant: "On vise à répondre au risque infectieux des usagers de drogue mais aussi des risques pour les habitants".

Un accès "discret"

"On l'adosse à l'hôpital", explique l'adjoint interrogé par le quotidien du soir. La localisation précise n'est pas tout à fait arrêtée mais deux lieux devraient accueillir les toxicomanes, un en dur, un en Algeco.

"On ne fera pas entrer les usagers par la grande porte de l’hôpital, ce sera un accès plus discret", précise encore Bernard Jomier.

D'après le maire de l'arrondissement, Rémi Féraud, "une entrée séparée mènera à une enclave au sein de l'hôpital". Selon lui, le site choisi au départ présentait plusieurs défauts, "notamment son enclavement et ses difficultés d'accès". L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) confirme que "les discussions portent sur l'emplacement le plus adapté".

"Deux ou trois lieux possibles sont envisagés sur l'hôpital", pour cette salle de consommation de drogue à moindre risque, mais "le lieu définitif n'a pas encore été décidé", a affirmé Rémi Féraud à l'AFP.

Le Sénat devra débattre de l'expérimentation des salles de shoot pendant 6 ans à l'automne. Outre Paris, deux autres villes françaises, Strasbourg et Bordeaux, pourraient utiliser cette possibilité. Ces salles, déjà expérimentées dans une dizaine d'autres pays (la plus ancienne en Suisse a été créée il y a trente ans), sont destinées à des toxicomanes majeurs précarisés, qui se droguent dans des conditions d'hygiène précaires, souvent dans la rue ou des halls d'immeuble

A. D.