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Ostéoporose: un essai clinique prometteur pour réduire le risque de fracture

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Les résultats d’un essai clinique à grande échelle démontrent qu’une combinaison novatrice de médicaments peut réduire considérablement le risque de fracture chez les patients à haut risque atteints d’ostéoporose. Cette nouvelle approche constitue une percée majeure selon des chercheurs canadiens.

L’ostéoporose est une maladie grave qui touche les femmes et les hommes, les femmes ménopausées étant particulièrement à risque. La perte progressive de masse osseuse rend les personnes atteintes plus à risque de fractures. "Avec l’allongement de l’espérance de vie, l’ostéoporose et les fractures qui lui sont associées représentent un problème de santé publique important: autour de l’âge de 65 ans, on estime que 39% des femmes souffrent d’ostéoporose.", indique l'Inserm.

À ce jour, son traitement repose sur plusieurs médicaments dont le mode d'action diffère: soit ils freinent la résorption osseuse, soit ils stimulent la formation osseuse. Des chercheurs de l'université McGill évoquent les promesses soulevées par un essai clinique qui démontre que la masse osseuse peut être régénérée avec une classe de médicaments (un anabolisant osseux) et maintenue avec une autre classe de médicaments (un inhibiteur de la résorption osseuse).

Ce traitement "deux en un" s’est avéré réduire considérablement le risque de fracture chez les femmes ménopausées atteintes d’ostéoporose grave, selon les résultats de cette étude publiés dans le New England Journal of Medicine. Sur une période de deux ans, 4 093 patientes présentant une fracture de fragilisation ( une fracture qui ne se traduit pas normalement par une fracture chez un adulte en bonne santé) ont été réparties au hasard dans deux groupes.

Moins de risques de fractures en tout genre

Le premier groupe a reçu du romosozumab pendant un an, un nouvel anticorps efficace pour la reconstruction rapide de la masse osseuse en augmentant la formation osseuse et en diminuant la résorption osseuse. Celui-ci était suivi par l’alendronate, un inhibiteur de la résorption osseuse couramment utilisé comme traitement de première intention, qui maintient les niveaux de masse osseuse. Le deuxième groupe a seulement reçu l’alendronate.

Les résultats ont montré que les femmes du premier groupe ont présenté un taux 48% plus faible de nouvelles fractures vertébrales, avaient 19% moins de risque de fractures non vertébrales et 38% moins de risque de fracture de la hanche que le deuxième groupe. "Maintenir une masse osseuse constante chez les patientes n’est pas une stratégie adéquate lorsqu’elles souffrent déjà d’ostéoporose et que leurs os ne sont pas assez solides pour résister à une fracture.", affirme le Dr Andrew Karaplis, professeur de médecine à l’Université McGill.

Celui-ci ajoute: "nous avons observé moins de fractures lorsque nous étions d’abord en mesure d’augmenter la masse osseuse de la patiente pour ensuite administrer un traitement pour la maintenir. " L'étude atteste néanmoins que de graves incidents cardiovasculaires ont été observés plus fréquemment dans le groupe romosozumab-alendronate (2,5% dans le 1er groupe contre 1,9%, dans le deuxième groupe).

"Prudence dans le choix du patient à traiter"

"Bien que les chiffres soient relativement faibles, c’est un signal qui nécessite des éclaircissements supplémentaires", selon le Dr Karaplis. "Nous devons chercher plus loin la cause du déséquilibre observé dans les incidents cardiovasculaires et être prudents dans le choix des patients à traiter, du moins pour l’instant." Outre le traitement, il convient d'adopter de bonnes habitudes hygiéno-diététiques pour bien vivre avec une ostéoporose.

Il est ainsi recommandé de pratiquer régulièrement une activité physique journalière telle que la marche, des exercices d’étirement et de la relaxation. Qui plus est, les médicaments seront plus efficaces si les capacités physiques sont entretenues. "Chez la femme ménopausée, elle permet de freiner la perte de densité osseuse. Chez les personnes âgées, elle va, de plus, entretenir la musculature et l’équilibre, diminuant ainsi le risque de chute et de fracture.", précise l'Inserm sur le sujet.

Au quotidien, les patients doivent aussi adopter une alimentation équilibrée riche en calcium et vitamine D pour renforcer les os, même si elle ne constitue pas un traitement suffisant contre une ostéoporose avérée. Ces derniers doivent également veiller à maintenir son poids à un niveau correct car un poids insuffisant accroît le risque de fracture. Enfin, le tabagisme et la consommation excessive d’alcool sont à proscrire car ils favorisent la perte osseuse.

Alexandra Bresson