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Ondes: "tout le monde est exposé et à très grande échelle"

L'agence nationale sanitaire (Anses) a recommandé mardi de réduire l'exposition aux ondes électromagnétiques, principalement celles de téléphones portables.

L'agence nationale sanitaire (Anses) a recommandé mardi de réduire l'exposition aux ondes électromagnétiques, principalement celles de téléphones portables. - -

Alors que l'Agence nationale de sécurité sanitaire a recommandé mardi de réduire l'exposition aux ondes électromagnétiques, BFMTV.com a interrogé un membre de l'Anses sur les dangers de ces ondes.

L'agence nationale sanitaire (Anses) a recommandé mardi de réduire l'exposition aux ondes électromagnétiques, principalement celles de téléphones portables, même si les données scientifiques disponibles ne permettent pas d'établir d'impact avéré sur la santé.

Nous avons interrogé Olivier Merckel, chef de l'unité d'évaluation du risque lié aux agents physiques, au sein de l'Anses.

> Le risque que représentent les champs électromagnétiques va-t-il croissant?

Dans le cas des radiofréquences et des appareils qui émettent des rayonnements électromagnétiques, le danger intrinsèque des téléphones mobile n'est pas avéré. On sait que les radiofréquences ont un effet sur le vivant. Ce qui nous inquiète et nous conduit à certaines recommandations de prudence, c'est qu'aujourd'hui, tout le monde est exposé et à très grande échelle.

Qu'on soit exposé au rayonnement provenant d'un téléphone mobile ou d'une antenne-relais, c'est le même signal. Ce qui va changer, c'est l'exposition. Quand on a un téléphone mobile à l'oreille, on est exposé cent fois plus que dans l'environnement.

> Les téléphones portables sont-ils aujourd'hui plus ou moins sûrs que les précédentes générations?

Les appareils évoluent. Les valeurs de DAS affichées sont publiques. On peut voir que les valeurs moyennes évoluent plus ou moins. On trouve des téléphones avec des DAS faibles. Mais on trouve encore des téléphones avec des DAS élevés.

Mais ce qui évolue, surtout, ce sont les comportements. Aujourd'hui, on les utilise pour télécharger, avec plus de débit et donc plus d'exposition, mais on les utilise moins à l'oreille. On a également plus de box Wifi qu'il y a 10 ans chez soi. L'exposition peut être moins importante pour certaines personnes, mais plus permanente. D'où nos recommandations.

Le sujet fait-il polémique chez les scientifiques?

Il y a effectivement des positions divergentes sur le sujet. c'est lié au fait que les niveaux de risque sont relativement faibles. Et les incertitudes qui entourent la réalisation des études notamment épidémiologiques sont encore relativement grande. L'Anses a travaillé sur l'ensemble des publications disponibles.

On a mis autour de la table, pour examiner toutes ces publications, des experts d'opinions divergentes. Au final sur la question des tumeurs cérébrales, on confirme le classement du CIRC en 2011, en cancérogène possible des radiofréquences liées à l'usage du téléphone mobile.

Au regard de l'ensemble des études qu'on a examinées, on ne peut pas exclure qu'il existe un risque faible. On pourrait avoir une augmentation de 20% de certains cas de tumeurs malignes du cerveau, comme les gliomes, pour les plus gros utilisateurs et à long terme (sur plus de 10 ans). Mais une fois encore, les situations d'exposition évoluent. Au début des années 2000, un gros utilisateur était quelqu'un qui utilisait son téléphone un peu plus de 30 minutes par jour.

Propos recueillis par Magali Rangin