BFMTV

Ondes: comment limiter l'exposition?

Les ondes n'ont pas "d'effet avéré" sur la santé, selon l'Anses. Mais par précaution, mieux vaut limiter l'usage des téléphones portables.

Les ondes n'ont pas "d'effet avéré" sur la santé, selon l'Anses. Mais par précaution, mieux vaut limiter l'usage des téléphones portables. - -

Si les ondes n'ont pas d'"effet avéré" sur la santé, selon un rapport publié lundi, l'Agence nationale de sécurité sanitaire préconise tout de même de limiter son exposition. Voici quelques conseils pour se protéger.

L'Agence nationale de sécurité sanitaire a rendu son avis mardi: l'exposition aux ondes électromagnétiques ne présente pas "d'effet avéré" sur la santé. Le rapport d'expertise collective publié mardi évoque certes la possibilité de "modifications biologiques sur le corps". Par ailleurs des études épidémiologiques publiées depuis 2009 indiquent un "risque possible de tumeurs cérébrales pour les utilisateurs intensifs".

En 2011, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait estimé que l'usage des téléphones portables devait être considéré comme "peut-être cancérogène pour l'homme".

Autant de raisons pour tenter de limiter, à défaut d'arrêter l'exposition aux ondes.

> Où sont les ondes?

Téléphones, antennes-relais, réseaux WiFi, mais aussi téléphones sans fil (DECT)... les ondes sont partout. Il y "des milliards" de sources, selon Bernard Veyret, chercheur au CNRS et spécialiste des effets biologiques des champs électromagnétiques.

La dangerosité des ondes est sujet à polémique. Ainsi, alors que l'OMS indique que les ondes sont "peut-être" cancérogènes, Bernard Veyret, ancien membre de l'agence française de sécurité sanitaire et membre du conseil scientifique de Bouygues Telecom assure, lui, que ce risque est "très peu probable". Pour lui, les conseils visant à limiter l'exposition visent surtout à "rassurer les gens".

Par ailleurs, précise Alain Ducardonnet, spécialiste santé pour BFMTV, les études comme celle publiée mardi ne sont pas "totalement pertinentes" dans la mesure où ce sont des "études rétrospectives". "Les études scientifiques vont dans l'autre sens, vous prenez des gens qui vont bien, vous les surveillez pendant quelques années et vous voyez s'il se passe quelque chose". L'Inserm mène actuellement une telle étude.

> Du bon usage du téléphone

Selon le rapport, "les téléphones mobiles constituent la principale source d'exposition pour les utilisateurs". L'agence sanitaire préconise donc de recourir au kit main libre, lorsque l'on est un gros utilisateur de smartphones.

Des appels de 6 minutes. Ainsi, selon le professeur de cancérologie, Dominique Belpomme, interrogé sur BFMTV, "on ne doit pas utiliser un portable plus de 20 minutes par jour, par séquences de 6 minutes, d'autant plus quand on est jeune, qu'on a moins de 20 ans". Il existe un risque, selon le professeur Belpomme, "de tumeur cérébrale, du côté où on a utilisé le portable, voire de maladie d'Alzheimer de sujets jeunes".

Rester loin des enfants. L'Anses pointe également les risques pour les enfants. "L'utilisation d'un téléphone portable en mode conversation est déconseillée". "Leur cerveau est plus exposé, en raison d'une boîte cranienne moins épaisse", selon Martine Hours, présidente du comité des experts sur les radiofréquences.

Attention au DAS. Il faut également privilégier des téléphones émettant moins d'énergie. Pour chaque téléphone, le débit d'absorption spécifique (DAS) renseigne sur la quantité d'énergie transmise à l'utilisateur par l'appareil, via les ondes électromagnétiques. Moins le DAS est élevé et moins l'appareil est dangereux pour la santé. Les fabricants ont l'obligation d'indiquer le DAS. Ainsi, bien que tous respectent les limites fixées par la loi, certains appareils ont un DAS plus important que d'autres, comme les iPhone, par exemple.

Privilégier le mode avion. Evitez également de laisser l'appareil sur la table de nuit, allumé, pile à côté de la tête. Ou alors placez-le en mode avion. Même conseils pour les babyphones, utilisés pour entendre son enfant. Enfin, il faut "éviter le téléphone sans fil chez soi", qui émet autant qu'un téléphone mobile, selon Alain Ducardonnet.

> Les antennes-relais

Jean Rinaldi, responsable de l'association Robin des toits, qui milite notamment pour faire baisser les intensités des antennes-relais, a affiché mardi sa déception, face à l'avis de l'Anses, estimant qu"'on passe l'affaire des portables avant celle des antennes-relais. On choisit notre portable, on peut le mettre à l'oreille ou pas. Mais les antennes-relais on ne les choisit pas. (...) Les gens subissent une pollution non voulue".

L'association préconise ainsi que "les opérateurs baissent la puissance des antennes-relais et multiplient les antennes. C'est possible", martèle Jean Rinaldi.

Magali Rangin