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Nouvelle-Zélande: non, "le lichen sexy des pavés" n'est pas une bonne alternative au viagra

Lichen (Photo d'illustration)

Lichen (Photo d'illustration) - AFP PHOTO / ANGELICA CASANOVA

Un lichen néo-zélandais fait l'objet d'une ferveur étonnante: sur des sites marchands, on en achète des extraits car les effets de la plante sont censés imiter ceux du viagra. Mercredi, sur le site du Guardian, les scientifiques ont mis en garde les acheteurs potentiels contre la nocivité d'un tel produit.

Des botanistes donnent de la voix ces jours-ci pour décourager les amateurs potentiels de lichen urbain néozélandais, comme l’a annoncé le Guardian sur son site. Si ce produit rencontre un surprenant succès, c’est qu’il est décliné à l’envi comme alternative apparemment naturelle au viagra, sur des sites en ligne, comme Alibaba, à destination notamment du marché chinois.

Poudres et pilules labellisés Xanthoparmelia scabrosa, le nom scientifique du lichen kiwi, peuvent s’y acheter pour des prix allant de 12 à 300 dollars américains. Et encore, on y trouve bien souvent 80% de viagra pour 20% de lichen selon le docteur Allison Knight de l’université d’Otago en Nouvelle-Zélande, spécialiste de cette plante locale.

"Le lichen sexy des pavés" 

Celle-ci a précisé par ailleurs qu’aucun test n’était venu étayer l’idée selon laquelle le lichen s'offrant sur les pavés néozélandais pouvait générer effectivement des effets analogues à ceux du viagra. En revanche, la consommation de cette mousse, très présente en milieu citadin, risque d’exposer l’organisme à de fâcheuses rencontres.

Le lichen peut en effet être souillé par des excréments ou de l’urine de chien, des gaz de pots d’échappement, de l’arsenic, du plomb. "Ça n’a jamais vraiment fait l’objet de test et c’est nocif dans une certaine mesure, donc on ne peut pas recommander la consommation", a détaillé Allison Knight. 

Si le Dr. Allison Knight a surnommé ironiquement la xanthoparmelia scabrosa le "lichen sexy des pavés", vu sa réputation aphrodisiaque, un de ses confrères, Peter de Lange lui a emboîté pour remettre en cause le bien-fondé de cette aura et a même averti les acheteurs hypothétiques : ils pourraient bien connaître des effets inverses à ceux recherchés.

De quoi peut-être faire retomber la ferveur suscitée par le douteux champignon. Le Dr. Allison Knight, en bonne lichénologue, a invité cependant dans les colonnes du journal britannique à ne pas tout à fait faire une croix sur son objet d’étude :

"Le lichen a bien un énorme potentiel, et il y a de nombreuses recherches en cours pour voir comment il peut être employé, pour la prochaine génération d’antibiotiques afin de remplacer ceux vis-à-vis desquels nous sommes devenus résistants".
Robin Verner