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Moselle: soupçons de maltraitance sur deux malades Alzheimer

Personne âgée dans un Ehpad d'Aquitaine en juillet 2013 (illustration)

Personne âgée dans un Ehpad d'Aquitaine en juillet 2013 (illustration) - -

Les résidentes, parmi lesquelles une octogénaire, ont été découvertes dans leur lit les mains attachées entre elles au moyen de gants de toilette scotchés à des sparadraps. Les faits ont été constatés lors d'un contrôle inopiné après un signalement anonyme.

Elles ont été retrouvées entravées dans leur lit. Une enquête a été ouverte après la découverte de deux cas de maltraitance sur des personnes âgées résidant dans un Ehpad près de Nancy, a-t-on appris dimanche auprès de l'établissement.

Les deux victimes qui résident à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées et dépendantes de Saint-Nicolas-de-Port, en Meurthe-et-Moselle, ont été "sauvagement" maintenues dans leur lit, a indiqué la direction de l'établissement, confirmant des informations de l'Est Républicain dimanche.

Les résidentes, qui souffrent de maladies de type Alzheimer parmi lesquelles une octogénaire, ont été découvertes dans leur lit "les mains attachées" entre elles au moyen de "gants de toilette scotchés à des sparadraps", a expliqué le directeur adjoint Bruno Blaison.

Une famille porte plainte

Les cas de maltraitance ont été découverts le 28 mai dernier après le signalement anonyme d'un agent. La direction a alors diligenté un contrôle inopiné de la chambre où les faits ont été constatés en flagrance par un médecin et un cadre de santé.

La direction de l'établissement a affirmé avoir immédiatement ouvert une enquête interne et informé le procureur de la République de Nancy et les familles. L'une d'elles a déposé plainte. Deux agents ont été suspendus à titre conservatoire. L'établissement soupçonne le premier d'être à l'origine des maltraitances, le second d'avoir eu connaissance des faits et omis de les signaler à ses supérieurs.

"Ce sont des faits de maltraitance avérés", a expliqué Bruno Blaison qui parle de "faits graves" à "l'initiative d'un agent" dont la direction n'avait pas connnaissance.

"Nous leur devons la dignité"

Les deux victimes souffrent de "troubles cognitifs importants", selon Bruno Blaison. "Elles ne peuvent pas témoigner de quoi que ce soit, elles sont fragiles, nous leur devons la dignité et la protection. C'est quelque chose de normal", a commenté le responsable.

La direction a souligné qu'au cas par cas l'établissement se réserve la possibilité de mettre en place - sur décision collégiale et en concertation avec les familles - des systèmes visant à maintenir les patients dans leur lit afin de les protéger de chutes ou les empêcher d'enlever leurs changes.

"On peut toujours trouver un système qui n'entrave pas les mains, ils y a des dispositifs beaucoup plus adaptés, et plus souples", a souligné le directeur adjoint de l'Ehpad mosellan.

A. D. avec AFP