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Messes limitées à 30 personnes: les évêques "déçus"

Emmanuel Macron a annoncé mercredi soir que les offices religieux pourront reprendre dès samedi, mais dans la "stricte limite de trente personnes".

Les offices dans les lieux de culte seront à nouveau permis à partir de ce samedi, "dans la stricte limite de trente personnes", a annoncé mardi Emmanuel Macron lors d'une allocution télévisée, une mesure qui a "déçu" les évêques catholiques.

Les responsables de culte s'étaient mis d'accord ce lundi sur un protocole permettant la reprise des cérémonies avec public lors d'une réunion au ministère de l'Intérieur.

La Conférence des évêques de France (CEF, catholiques) s'est dite "déçue et surprise" par la jauge maximale de 30 personnes annoncée par le chef de l'Etat, rappelant qu'elle avait proposé aux autorités "une occupation partielle de l'église au tiers de la capacité habituelle".

"Macron maintient en otage la liberté de culte"

Dans un communiqué, elle a annoncé que "dès ce (mardi) soir (...) Eric de Moulins-Beaufort, président de la CEF, a interpellé le président de la République pour demander que soit révisée cette mesure" jugée "irréaliste", "inapplicable" et "irrespectueuse de la réalité de la pratique religieuse des catholiques".

"La période de l'Avent qui s'ouvre devant nous est un temps fondamental de préparation à Noël. Le rassemblement dominical constitue une étape essentielle pour les fidèles durant cette période", fait valoir la CEF.

Interrogé sur BFMTV, Monseigneur Matthieu Rougé, évêque de Nanterre et membre de la CEF, a dénoncé une décision "contradictoire" et "grotesque".

"30 personnes dans la principale basilique de Lourdes, où il y a 20.000 places, c'est ridicule mais 30 personnes dans une chapelle de 10 places, c'est également inadéquat. Ce qui est beaucup plus juste du point de vue sanitaire (...), c'est d'avoir une proportion en fonction de la taille des édifices", a-t-il souligné sur notre antenne.

"En s'obstinant à refuser la prise en compte de la taille des églises et de la situation épidémique propre à chaque territoire, Emmanuel Macron maintient en otage la liberté de culte", a pour sa part regretté le collectif "Pour la messe", qui a initié une pétition pour réclamer la levée de la suspension des offices pendant le reconfinement.

Ces derniers week-ends, des milliers de catholiques ont manifesté dans tout le pays pour réclamer le retour des messes.

F.R. avec AFP