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Marseille: un bureau de tabac blindé dans les quartiers nord

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Vitres pare-balles et portes blindées: les propriétaires d'un bureau de tabac du 14ème arrondissement de Marseille viennent de tristement innover pour se protéger des agressions. « Nous n'avions plus le choix », raconte le couple à RMC.

Des vitres pare-balles de 2 centimètres et demi d'épaisseur sur toute la largeur du comptoir. Deux fentes qui laissent juste assez de place pour y faire passer de petits objets. Un hygiaphone pour communiquer avec les clients... Nous ne sommes pas dans une banque, mais dans un bureau de tabac du quartier de Saint-Joseph, à Marseille. L'établissement appartient à Virginie et Daniel. L'installation est flambant neuve, les travaux sont terminés depuis deux jours.

« On n'est pas à l'abri d'un fou »

Virginie l'avoue, elle n'a jamais été agressée, mais l'investissement de 7.000 euros vient déjà de changer littéralement sa vie. « Maintenant au moins je viens travailler tranquille, j'ai le sourire jusqu'aux oreilles. Je me dis "putain, je vais travailler c'est bien". Je ne me dis plus "j'ai mal au ventre, je vais travailler". Je me demandais quand ça serait mon tour, on n'est pas à l'abri d'un fou. Pour combien ? 40 euros ? ».
Signe des temps, les clients de ce tabac, bien qu'intrigués par l'impressionnante installation, se montrent extrêmement compréhensifs. « C'est malheureux d'en arriver à ce point là, mais vu tous les magasins qui se font braquer dans le quartier », témoigne Bruno, l'un d'eux. « Après reste à savoir si c'est aussi efficace que ça en a l'air ».

Dans les quartiers, on parle d'auto-défense et de milices

Ce n'est donc pas pour rien que Claude Guéant a choisi Marseille, hier, pour apporter hier les réponses du gouvernement à l'insécurité. La mort, quelques jours avant, d'un adolescent qui cambriolait une société y était aussi pour beaucoup. Le ministre de l'Intérieur a annoncé l'envoi de 139 policiers en renfort. Mais les syndicats de police affirment déjà que 66 étaient déjà programmés pour remplacer les postes de gendarmes récemment supprimés, tout en saluant l'effort gouvernemental. Reste à savoir si les habitants, eux, y trouveront leur compte, alors que dans certains quartiers on parle énormément d’auto-défense, de s’armer, et de milices.