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Maladie de Lyme: l'Académie de médecine critique les recommandations officielles

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- - JACQUES DEMARTHON / AFP

L'Académie nationale de médecine critique les recommandations de la Haute autorité de santé concernant la reconnaissance de la maladie de Lyme.

La Haute autorité de santé (HAS), qui établit les bonnes pratiques de soin, a publié le 20 juin dernier ses recommandations officielles. Elle y regroupe sous le terme très large de "symptomatologie/syndrome persistant(e) polymorphe après possible piqûre de tique" la "situation de patients qui ont pu être exposés aux tiques et qui présentent des signes cliniques polymorphes, persistants et non expliqués, pouvant être invalidants".

Ces recommandations viennent nourrir la controverse qui existe entre les associations de patients et le corps médical, et a entraîné des critiques de l'Académie nationale de médecine (ANM), qui a exprimé dans un communiqué "sa profonde déception".

La terminologie en question

"Loin de clarifier la situation", la HAS en "voulant contenter tout le monde ne satisfait personne" selon l'ANM qui ajoute:

Ce terme qui "reconnaît de fait implicitement l'existence d'une telle pathologie sans la moindre preuve avec, pour conséquence, des propositions de prise en charge lourde impliquant des investigations nombreuses, coûteuses et souvent inutiles" n'a pas de raison d'être.

La borréliose de Lyme est une maladie infectieuse transmise par une piqûre de tique. Elle "se diagnostique par un examen clinique avant tout", et au besoin par des tests sanguins, soulignait la HAS.

L'influence des associations de malades dénoncée

Depuis plusieurs années, des associations de malades et des médecins réclament la reconnaissance de formes chroniques controversées, pour lesquelles aucun diagnostic n'existe.

L'Académie de médecine dénonce un "chantage de groupes de pression" et des "campagnes de désinformation menées par les prosélytes des doctrines d'une association américaine, l'ILADS (International Lyme and Associated Diseases Society)".

L'une des associations de malades, ChroniLyme, estime que les recommandations de la HAS équivalent à "la reconnaissance d'un Lyme possiblement chronique". Elle voit dans la réaction de l'ANM "la première défaite cinglante du camp du déni".

L.D., avec AFP