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Les spécialités et régions boudées par les étudiants en médecine

La gériatrie n'attire pas les futurs médecins.

La gériatrie n'attire pas les futurs médecins. - Myfuture.com / Flickr

INFOGRAPHIE - L’avenir des déserts médicaux se joue dès les études de médecine. Pour leur choix d'internat, les étudiants écartent d'office certaines régions et spécialités. Près de 200 places en médecine générale n'ont pas trouvé preneur en 2017.

Les étudiants en troisième cycle de médecine ont été fixés sur leur destination d’internat fin septembre. Les places sont attribuées selon le rang national des lauréats. Le choix des majors de promotion, dévoilé par le syndicat des jeunes médecins, est un bon indicateur de l’attractivité des régions et des spécialités pour les futurs médecins. Cette année encore, plus d'une centaines de postes d’internats restent non pourvus à Paris et dans le Nord de la France. Augmenter le numerus clausus n’est donc pas une mesure suffisante pour enrayer les déserts médicaux.

Les majors à Nantes, les derniers à Poitiers

Nantes est la ville favorite des futurs médecins, devant Lyon et Bordeaux. Le rang médian (50% au dessus, 50% en dessous, ndlr) des nouveaux internes nantais est de 2201e sur 8372, preuve que les places dans la région se disputent entre les meilleurs éléments. Au contraire, Poitiers, avec un rang médian de 5598e, apparaît plutôt comme un choix par défaut.

Globalement, les élèves se battent pour travailler dans le Sud de la France et dans les villes proches de la mer.

Paris est un cas particulier: la capitale réussit à attirer les meilleurs étudiants, notamment la n°1 du concours, Anne-Lise Beaumont, admise en maladies infectieuses et tropicales. Cependant, 143 postes restent non pourvus dans la région parisienne, dont 131 en médecine générale. Caen a également du mal à remplir ses classes, 14% des places restent vacantes dans cette ville du Nord.

La gériatrie et la psychiatrie repoussent les jeunes

Il n’y a pas qu’à Paris que la médecine généraliste est écartée par les lauréats. En tout, il manque 187 internes généralistes dans la promotion 2017. Avec un rang médian de 5812e, la médecine générale n’est pas le premier choix des étudiants. La gériatrie et la médecine du travail, pourtant au cœur des problématiques sociétales actuelles, se classent dernières en terme d’attractivité. Les lauréats leur préfèrent les maladies infectieuses et tropicales. Dans cette spécialité, la concurrence est rude: les 400 premiers du concours représentent 50% des admis.

Les places en ophtalmologie et en chirurgie plastique coûtent tout aussi chères. Pour travailler dans la chirurgie esthétique, il ne fallait pas arriver en dessous des 1553 premiers cette année.

Emeline Gaube