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Les quatre priorités pour la stratégie nationale de santé 2017-2022

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La ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé le lancement d'une grande concertation sur les priorités à mettre en œuvre en matière de santé afin d'élaborer une "stratégie nationale de santé" qui sera appliquée pour les cinq prochaines années. Elle souhaite notamment miser sur la prévention.

L’état de santé des Français est globalement bon, avec une espérance de vie de 82,3 ans en moyenne. Mais la situation ne peut pour autant être considérée comme satisfaisante car tous les ans, nombre de morts pourraient être évités. A titre d'exemple, le tabagisme est responsable de 73 000 décès par an et la consommation excessive d’alcool de 49 000 décès. En 2020, la France devrait par ailleurs compter 548 000 personnes atteintes d’une pathologie chronique de plus qu’en 2015.

Voici ce qui ressort du rapport du Haut Conseil de Santé Publique (HCSP), mandaté par le ministère de la Santé pour identifier les grands problèmes de santé à prendre en compte pour une stratégie nationale de santé. Celle-ci vise "à déterminer, de manière pluriannuelle, les domaines d’action prioritaires et les objectifs d’amélioration de la santé et de la protection sociale contre la maladie" pour une durée de cinq ans.

Une sorte de fil conducteur de toutes les mesures et de tous les plans et programmes à venir en France. Le HCSP vient de remettre ce rapport à la ministre de la Santé, marquant ainsi le début des travaux de la stratégie nationale de santé 2017-2022. "Elle donne un cap à la politique de santé et garantit la cohérence de l’action collective de tous les ministères.", fait savoir le ministère qui précise qu'elle sera adoptée en décembre pour une mise en œuvre dès 2018 au plan national.

Alimentation, activité physique et santé mentale

A partir de ce rapport, la ministre a identifié quatre thèmes prioritaires: la prévention et la promotion de la santé, la lutte contre les inégalités sociales et territoriales d’accès à la santé, la nécessité d’accroître la pertinence et la qualité des soins et l’innovation. Dans le premier cas, les objectifs portent sur la promotion d’une alimentation saine et de l’activité physique, la prévention des maladies infectieuses, la lutte contre les conduites addictives, la promotion de la santé mentale ou encore l’amélioration du dépistage.

C'est dans ce contexte que s'inscrivent des mesures déjà annoncées comme l’augmentation du prix du tabac et l’extension de l'obligation vaccinale. En ce qui concerne la lutte contre les inégalités, avec en tête la problématique des déserts médicaux, l’objectif est de favoriser une approche centrée sur des parcours organisés au niveau du territoire. Quant à la qualité des soins, la ministre souhaite une réflexion sur l’évolution de la tarification selon "les parcours, la qualité et la pertinence des soins et des actes."

Enfin, l'innovation aussi bien au niveau médical que numérique vise à favoriser une meilleure association des patients, des usagers et des professionnels (télémédecine, objets connectés). Parmi ces quatre axes majeurs, le HCSP recommande de prendre en compte des problématiques de santé bien précises que sont l'exposition aux polluants, aux toxiques et aux risques infectieux, l’augmentation de la prévalence des maladies chroniques et l’adaptation du système de santé aux enjeux démographiques.

Les Français pourront donner leur avis

A titre d'exemple, la pollution atmosphérique serait à l’origine de 48 000 décès annuels en France d’après la dernière enquête de Santé publique France. Sans compter les risques liées aux pesticides, ondes électromagnétiques, perturbateurs endocriniens... c'est pourquoi les experts appellent à "une structuration adaptée de la recherche et de l’expertise privilégiant une approche pluridisciplinaire est nécessaire pour mieux apprécier ces risques émergents."

L'exposition de la population aux risques infectieux concerne notamment l’antibiorésistance, un problème mondial de santé publique. En effet, la France n'est pas épargnée par l’émergence des résistances bactériennes, puisque l’incidence en 2012 des infections à bactéries multirésistantes (BMR) a été évaluée à 158 000 cas. S'ajoute à cela l'enjeu de la dépendance compte-tenu du vieillissement de la population et de l’augmentation du nombre des personnes âgées.

En effet, celle-ci favorise l'augmentation des maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires, le diabète ou encore les maladies respiratoires et psychiatriques. Avec à la clé un retentissement au niveau économique et sur la qualité de vie des aidants familiaux. "L’entourage proche assume très souvent une lourde part de la charge que représente l’accompagnement quotidien des personnes souffrant de maladies chroniques.", précisent les auteurs du rapport.

Un premier projet de stratégie sera rédigé entre octobre et novembre, à l'issue de rencontres entre le ministère et les principaux représentants du secteur de la santé, des élus et des usagers. En novembre, il sera mis en ligne pour donner la possibilité aux internautes de faire des propositions et de partager leurs expériences. Un décret attendu pour décembre officialisera cette stratégie nationale de santé fin 2017, qui sera mise en œuvre via des projets régionaux définis par les Agences régionales de santé.

Alexandra Bresson