BFMTV

Les progrès de la chirurgie ambulatoire: un patient sur deux rentre chez lui après une opération

Une opération en chirurgie ambulatoire à l'Institut Curie à Paris en novembre 2014

Une opération en chirurgie ambulatoire à l'Institut Curie à Paris en novembre 2014 - Dominique Faget-AFP

Pour les huit premiers mois de l'année 2016, 54% des interventions chirurgicales ont été réalisées en ambulatoire. Un type de soin qui s'est développé ces dernières années, aussi bien pour faire des économies que pour la santé des patients.

Un patient opéré sur deux rentre chez lui le soir. La chirurgie ambulatoire a progressé en France ces dernières années, comme le rapporte Le Figaro, qui dresse un classement des établissements de santé les plus performants dans ce domaine. Pour les huit premiers mois de l'année 2016, 54% des interventions chirurgicales ont été réalisées en ambulatoire.

3 millions d'interventions en ambulatoire

En 2015, plus de 3 millions d'interventions chirurgicales ont été réalisées en ambulatoire, selon l'Agence technique de l'information sur l'hospitalisation, soit 51,9% des opérations, contre 44,9% en 2011. Et d'ici 2020, ce seront plus de 6 interventions sur 10 qui permettront au patient de rentrer chez lui le jour même.

Un traitement plutôt bien perçu par une majorité de Français. Selon un sondage Opinionway réalisé pour l'hôpital Confluent de Nantes, en Loire-Atlantique - qui a inauguré début décembre un espace dédié à la chirurgie ambulatoire - 53% des Français estiment qu'il est plus confortable de rentrer chez soi le jour même après une intervention chirurgicale.

Des opérations de plus en plus lourdes 

Depuis 2012, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a lancé un programme pour favoriser le développement de cette chirurgie, comme l'assouplissement de certaines réglementations pour donner davantage de liberté aux établissements, ou la mise en place d'une politique tarifaire incitative.

L'indicateur de performance des établissements de santé prend en compte aussi bien en compte le volume que le taux d'interventions réalisées en ambulatoire. "Il y a des établissements qui ont un taux élevé, autour de 70 %, mais un volume très faible, autour de 200 actes par an, ce qui n'est pas performant", a précisé pour le quotidien national Gilles Bontemps, directeur associé de l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux. L'augmentation de ce type de chirurgie est également liée aux innovations médicales qui permettent à des interventions de plus en plus lourdes de se dérouler en ambulatoire.

"Faire des prothèses totales de hanche ou de genoux en ambulatoire traduit un autre type de performance, a ajouté Gilles Bontemps. C'est pourquoi la capacité d'innover a été intégrée à notre indicateur (...). Une organisation performante en chirurgie ambulatoire est une organisation qui ne gaspille pas de temps et de ressources, ni pour l'hôpital, ni pour le patient. C'est cette organisation plus performante qui apporte une meilleure qualité des soins."

160 millions d'euros d'économies

Si elle profite aux finances de la Sécurité sociale - le ministère de la Santé compte réaliser 160 millions d'euros d'économies par an sur les séjours en chirurgie - elle est également synonyme de meilleure santé pour le patient.

"Le principal intérêt de l'ambulatoire, c'est l'amélioration de la qualité des soins. Il y a moins de risques d'infection nosocomiale, moins de risques d'accidents thromboemboliques, c'est-à-dire de phlébites", indique pour BFMTV.com Corinne Vons, présidente de l'Association française de chirurgie ambulatoire.

Également chirurgienne, Corinne Vons estime que la France devrait faire davantage pour développer l'ambulatoire. Selon elle, il n'y a pas "de vraie volonté de rompre avec le schéma traditionnel de l'hospitalisation". Et regrette qu'il ne soit toujours pas possible d'ouvrir des centres uniquement dédiés à la chirurgie ambulatoire, comme c'est pourtant le cas dans d'autres pays.

"Il faut changer de mode de prise en charge et passer le cap, on ne peut pas continuer à travailler en ambulatoire comme en chirurgie conventionnelle. On n'est plus au Moyen Âge. L'ambulatoire est toujours sacrifié alors que c'est la chirurgie de demain, c'est une évolution dont il faut prendre le virage."

Céline Hussonnois-Alaya