BFMTV

Les maladies mentales dérangent les Français qui les connaissent mal

Un homme dans un hôpital psychiatrique de Lyon, en 2006.

Un homme dans un hôpital psychiatrique de Lyon, en 2006. - -

Schizophrénie, troubles bipolaires, dépression... La plupart des personnes interrogées pour cette étude avouent mal connaître les maladies mentales et leurs traitements. Pourtant, ces maladies touchent environ 20% des gens à un moment de leur vie.

Les maladies mentales touchent une personne sur cinq à un moment de leur vie. Pourtant, elles restent très mal connues des Français, explique un sondage Ipsos rendu public ce mercredi.

La moitié des personnes interrogées se déclarent gênées de vivre sous le même toit, 35% de travailler et 30% de partager un repas avec une personne atteinte de troubles mentaux. 45% des personnes interrogées estiment également que les malades mentaux sont dangereux pour les autres tandis que 54% pensent qu'ils doivent être assistés dans leur vie de tous les jours.

La méconnaissance des maladies concernées est aussi flagrante: 56% des personnes interrogées sont capables de citer la schizophrénie, 26% les troubles bipolaires et 18% la dépression, mais 46% confondent les maladies mentales avec des maladies neurologiques comme Alzheimer ou Parkinson. Certaines citent même la trisomie dans les maladies mentales.

58% des sondés sont concernés personnellement

Alors que plus d'un Français sur deux (58%) déclare être concerné par ces maladies, dont 13% personnellement (8 points de plus qu'en 2009), la très grande majorité d'entre eux ne se sent pas suffisamment informée.

Neuf sur dix déclarent manquer d'informations sur la prévention des maladies mentales, 70% ne pas connaître les structures disponibles en cas de problème de santé mentale, et plus de la moitié ne pas savoir quel professionnel de santé consulter. Du reste, 78% sont mal ou pas informés sur les traitements existants.

"Tout reste à faire pour informer le grand public" souligne le Pr Marion Leboyer, responsable du Pôle de psychiatrie et addictologie des Hôpitaux universitaires Henri-Mondor à Créteil, et directrice de la Fondation FondaMental, une fondation de coopération scientifique dédiée aux maladies mentales.

Des facteurs environnementaux et génétiques

Les facteurs de risques des maladies mentales "sont le résultat d'une interaction de facteurs environnementaux et génétiques" indique le Pr Leboyer. Elle cite plus spécialement les traumatismes infantiles, une mauvaise hygiène de vie, certaines infections ou la précocité de la consommation du cannabis, voire le fait de vivre en ville en ce qui concerne la schizophrénie, à en croire une étude.

La prévention passe également par un diagnostic plus rapide des malades et une prise en charge adaptée "afin d'éviter les pathologies handicapantes", ajoute-t-elle.

Le sondage a été réalisé du 17 au 23 avril dernier auprès d'un échantillon représentatif de 1.002 Français âgés de plus de 18 ans pour le compte de la Fondation FondaMental et du groupe Klesia, un acteur majeur de la protection sociale.

A.D. avec AFP