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Les maladies cardiovasculaires touchent de plus en plus de femmes

Halte aux préjugés : les maladies cardio-vasculaires ne sont plus réservées aux hommes.

Halte aux préjugés : les maladies cardio-vasculaires ne sont plus réservées aux hommes. - iStock

Le décès de l'actrice Carrie Fisher à la suite d'une crise cardiaque rappelle l'importance que les femmes doivent accorder à la prévention des maladies cardiovasculaires. Elles ont fortement progressé ces dernières années au point de devenir la première cause de mortalité chez ces dernières en France.

L'actrice Carrie Fisher, la célèbre princesse Leia de Star Wars, est décédée mardi 27 décembre à la suite d'une crise cardiaque survenue le vendredi 23 décembre. L'évènement rappelle que les femmes aussi sont touchées par les maladies cardiovasculaires, et plus qu'on ne le croit.

Selon la Fédération Française de Cardiologie (FFC), les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de mortalité chez les femmes en France. Qui plus est, elles touchent de plus en plus de femmes jeunes: l'organisme note une augmentation de 17,9% de femmes de 45 ans à 54 ans hospitalisées pour un infarctus du myocarde en France entre 2002 et 2008.

"Nous devons lutter contre un préjugé et informer les femmes que les maladies cardiovasculaires ne sont pas seulement des maladies d’hommes, explique le Pr Claire Mounier-Vehier, présidente de la Fédération Française de Cardiologie. Les infarctus chez les femmes de moins de 50 ans ont triplé ces 15 dernières années."

Autres chiffres inquiétants: les maladies cardiovasculaires représentent 42% des décès chez les femmes européennes contre 27% pour les cancers. L’infarctus du myocarde en est la première cause, avec 18% des décès féminins, suivi par l’accident vasculaire cérébral (AVC) (14%), puis les autres pathologies vasculaires (10 %).

Une prise en charge plus tardive...

Désormais, elles sont mêmes davantage concernées que les hommes puisque "sur les 147 000 personnes qui décèdent chaque année en France d’une maladie cardiovasculaire, 54% sont des femmes", précise la FFC. Une progression liée à l’évolution de leur mode de vie, similaire à celui des hommes en matière de mauvaises habitudes: tabac, alcool, manque d’exercice physique, alimentation déséquilibrée, surpoids, stress.

Des facteurs de risque qui représentent 80% des maladies cardiovasculaires et qui réduisent l’effet bénéfique de leurs hormones naturelles, les œstrogènes. S'ajoute à cela l’association du tabac avec une contraception contenant un œstrogène de synthèse qui multiplie par 30 le risque d’infarctus. Au-delà d’être moins bien protégées, les femmes sont aussi prises en charge plus tardivement. En raison, notamment, de symptômes annonciateurs différents de ceux des hommes.

Chez ces derniers, une douleur dans le thorax fait penser à un infarctus. Mais un symptôme aussi net est plus rare chez les femmes (absent chez elles dans environ 40% des cas). Elles peuvent présenter des signes plus subtils (suées, nausées, palpitations, difficultés respiratoires) trop souvent assimilés à de la fatigue ou à des problèmes digestifs.

Et un rétablissement plus difficile

Chez les femmes, l’infarctus du myocarde est pris en charge en moyenne une heure plus tard que chez les hommes. Par conséquent, les chiffres de la FFC montrent que 55% des accidents cardiaques sont fatals chez elles, contre 43% chez les hommes. Elles sont aussi plus susceptibles de décéder ou de refaire un accident cardiovasculaire dans l’année qui suit.

"De même, alors que présentant des troubles importants les femmes restent considérées à risque inférieur et ont moins accès aux examens, aux soins ou encore bénéficient de traitement trop faiblement dosés alors que la pathologie est diagnostiquée en phase aiguë ou chronique", souligne la Fondation Recherche Cardio-Vasculaire.

Face à cette situation, celle-ci préconise un dépistage précoce chez toute femme présentant des facteurs de risques ainsi qu’un test d’effort "à celles souhaitant reprendre une activité sportive après 45 ans". La FFC recommande quant à elle une attention renforcée aux trois phases clés de la vie hormonale: la contraception, la grossesse et, surtout, la ménopause.

"La durée de vie s’allongeant, les femmes seront bientôt ménopausées pendant 30 à 40% de leur vie, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux maladies cardiovasculaires", indique-t-elle. Un risque qui n’est pas inéluctable si elles prennent des mesures préventives comme une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, moins de stress, un bon sommeil et pas de contraception avec des oestrogènes de synthèse si l'on fume après 35 ans.

Alexandra Bresson