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Les maisons de naissance vont bientôt ouvrir leurs portes en France

La main d'un nouveau-né sur celle de sa maman, le 17 septembre 2013 à Lens. (illustration)

La main d'un nouveau-né sur celle de sa maman, le 17 septembre 2013 à Lens. (illustration) - AFP

Le gouvernement a fixé les règles encadrant les futures maisons de naissances expérimentales, dans un décret publié samedi au Journal officiel. Quelles règles, quel coût, quels risques... Tout ce qu'il faut savoir sur cette nouveauté.

Accoucher sans médecin, ni péridurale. Les premières maisons de naissances expérimentales devraient ouvrir leurs portes dans les prochains mois en France. Le décret d'application fixant les règles qui vont encadrer ces futurs établissements vient de paraître au Journal officiel, plus d'un an et demi après le vote de la proposition de loi UDI. Dix maisons de naissance sont en projet en France, pour une expérimentation de cinq ans. Quelles règles, quel coût, quels risques... Tout ce qu'il faut savoir sur cette nouveauté.

> Une maison de naissance, c'est quoi?

C'est une alternative moins médicalisée à l'accouchement tel qu'il se pratique en France. Les maisons de naissance, entièrement tenues par des sages-femmes, vont offrir aux femmes "dont la grossesse ne présente aucun risque" la possibilité de choisir autre chose que l'accouchement à l'hôpital ou à domicile.

Les futures mamans seront suivies, du début de leur grossesse à l'accouchement, par une même sage-femme. L'intervention d'un médecin et les procédures médicales comme la péridurale seront limitées, pour un accouchement plus "naturel".

> Quelles règles?

Dans le décret publié samedi, le gouvernement fixe des règles très strictes encadrant ces futures maisons de naissance. Chaque établissement doit être situé à proximité immédiate d'un établissement de santé "autorisé à l'activité de soins de gynécologie-obstétrique". La maison de naissance doit disposer d'un "accès direct" et "sans voie publique à traverser" avec la maternité attenante, afin d'assurer le transfert en cas d'urgence médicale.

Une sage-femme doit être "en mesure de pouvoir intervenir à tout moment, tous les jours de l'année, dans un délai compatible avec l'impératif de sécurité". Une "consultation préanesthésique" dans la maternité partenaire est obligatoire, sinon "l'accouchement ne [pourra] avoir lieu au sein de la maison de naissance". En outre, pendant l'accouchement, deux sages-femmes doivent être présentes. 

Enfin, la maison de naissance est tenue d'organiser les dépistages obligatoires pour tous les nouveau-nés (mucoviscidose, hypothyroïdie...) et d'informer la mère sur le dépistage précoce de la surdité permanente néonatale.

> Quel coût?

Aucun. Les familles qui feront le choix de la maison de naissance n'auront aucun frais médical supplémentaire.

> Qu'en pensent les professionnels de la santé?

Si ces structures existent déjà dans de nombreux pays (Allemagne, Suisse, Australie, Italie, Espagne), elles n'ont jamais été mises en place en France, où quelque 800.000 accouchements sont pratiqués chaque année.

Le dispositif est réclamé de longue date par les sages-femmes. "L’évaluation du coût de l’accouchement en maison de naissance a été faite et s’avère moins coûteuse pour l’assurance maladie", plaidait déjà, en 2008, le conseil national de l'Ordre des sages-femmes.

Les gynécologues et obstétriciens, de leur côté, se montrent un peu plus réservés, craignant pour la sécurité des patientes. Le Collège national des gynécologues-obstétriciens français redoute notamment un impact sur la continuité des soins entre l'équipe des sages-femmes et le service de gynécologie-obstétrique attaché.

Caroline Piquet, avec AFP