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Les cellules "reprogrammées", espoir contre la leucémie chez l'enfant

Les globules blancs, extraits du patient, sont "reprogrammés" afin de cibler et détruire les cellules cancéreuses.

Si des enfants se battent toute l'année contre toutes sortes de maladies graves, "Septembre en or" est l'occasion de sensibiliser la société aux cancers pédiatriques et mettre en lumière de nouveaux traitements. 

L'un d'entre eux, l'immunothérapie par les cellules CAR-T, est particulièrement prometteur. Il consiste à prélever les lymphocytes T du patient, les modifier génétiquement et les réinjecter afin de reconnaître et détruire les cellules cancéreuses, explique la Haute Autorité de Santé. Deux médicaments suivant ce principe ont été autorisés en France en 2018. 

Chaïma a été diagnostiquée d'un cancer il y a trois ans, en 6e, quand elle avait "des douleurs au dos". "Là maintenant, je suis en 3e et je suis restée presque deux ans à l'hôpital", retrace-t-elle auprès de BFMTV.

"Ils ont essayé beaucoup de traitements qui n'ont pas marché"

Après des mois de chimiothérapie et une greffe de moelle sans guérison, l'adolescente de 14 ans vient de recevoir une injection dans laquelle elle place beaucoup d'espoir. "Là ça s'est très bien passé, en cinq minutes", confie-t-elle après son injection. "Ils ont quand même essayé beaucoup de traitements qui n'ont pas marché, mais celui-là, je ne sais pas pourquoi, j'ai plus confiance", glisse la jeune fille. 

Il y a un mois, les médecins lui ont prélevé des lymphocytes T, ces globules blancs chargés de nous défendre contre les infections. Ces cellules ont ensuite été "reprogrammées".

"Une sorte de harpon capable de reconnaître les cellules leucémiques"

"On va greffer à l'intérieur du noyau de ces cellules une nouvelle information génétique qui va permettre qu'à la surface de ces lymphocytes T soit présente une sorte de harpon capable de reconnaître les cellules leucémiques. Après une injection au patient, les cellules T tueront les cellules cancéreuses", développe le Professeur André Baruchel, chef du service immuno-hématologie pédiatrique de l'hôpital Robert-Debré.

"Je n'aime pas les superlatifs, mais je considère qu'il s'agit d'une révolution thérapeutique dans le domaine des leucémies aiguës de l'enfant", déclare-t-il. La Haute Autorité de Santé considère pour le moment ce traitement comme "des médicaments innovants dont le potentiel de guérison reste à confirmer" et se dit favorable à leur remboursement.

Depuis 3 ans, dans cet hôpital parisien, plus de 25 enfants en phase très avancée de leur leucémie ont bénéficié de ces cellules CAR-T. Près des trois quarts se portent bien aujourd'hui. Reste un bémol, le prix: 320.000 euros hors taxes, pris en charge par l'Assurance maladie.

Margaux de Frouville et Sébastien Savoye avec Liv Audigane