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Les autorités sanitaires espagnoles mettent en garde contre les effets psychiques de l'hydroxychloroquine

Non, Donald Trump ne tirerait pas avantage de l'hydroxychloroquine via Sanofi

Non, Donald Trump ne tirerait pas avantage de l'hydroxychloroquine via Sanofi - Pexels/Pixabay

En plus de troubles cardiaques déjà connus, des cas neuropsychiatriques ont été rapportés chez des patients soignés par le médicament.

Au fil des semaines, il apparaît de plus en plus clairement que l'hydroxychloroquine n'est probablement pas le traitement adéquat contre le Covid-19. Dans deux études publiées récemment, ce médicament, un dérivé de l'antipaludéen chloroquine, dont l'usage est défendu par le professeur Didier Raoult, est considéré comme inefficace chez les patients atteints, et ce, peu importe leur stade dans la maladie. Pire, il serait vecteur d'effets secondaires chez ces derniers. 

Troubles neuropsychiatriques

Et ces effets secondaires ont d'ailleurs été reportés à l'international. Dans une note publiée sur son site, l'Agence espagnole des médicaments (AEMPS) fait en effet état chez certains patients atteints du Covid-19 traités à l'hydroxychloroquine de troubles violents. Sont par exemple cités des symptômes aigus de psychose, des tentatives de suicide ou des suicides.

De son côté, l'ANSM (l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), qui reprend les travaux espagnols, souligne que ces troubles neuropsychiatriques apparaissent dans la plupart du temps au cours des premiers jours de traitement, et lorsque les doses sont élevées. En revanche, ils peuvent également toucher des patients sans antécédents de ce genre. 

S'il est encore précisé que ces troubles liés à l'absorption de cette substance étaient déjà connus, il est tout de même signalé qu'ils peuvent être accentués par "le contexte lié à la pandémie et au confinement." 

Prudence

Au vu de ces conclusion, une évaluation des risques liés à l'hydroxychloroquine est donc en cours à l'échelle européenne. Dans l'attente de nouvelles avancées, l'ANSM appelle "promoteurs et investigateurs d’essais cliniques" qui utiliseraient à prendre le plus de précautions possibles. 

Au niveau national, il a également été signalé, au niveau de plusieurs centres régionaux, des troubles cardiaques liée au traitement. Une donnée confirmée par la note espagnole, qui rappelle quant à elle que l'hydroxychloroquine est responsable du syndrome du QT long, qui peut aller jusqu'à la mort. "Des atteintes hépatiques et rénales graves avec l’association lopinavir/ritonavir" ont également été repérées. 

Hugo Septier