BFMTV

Les 30-39 ans sont les plus concernés par l’absentéisme au travail

-

- - -

Quels sont les principaux motifs et la fréquence des arrêts maladie? Quelles personnes sont les plus concernées? La société Malakoff Médéric présente les résultats de son enquête sur l'absentéisme au travail qui met à mal plusieurs idées reçues.

Les arrêts de travail se portent bien en France, comme le révèle un récent sondage mené par Malakoff Médéric. Le groupe de protection sociale français a mené une analyse annuelle basée sur les Déclarations annuelles des données sociales (DADS) de 61.000 entreprises pour un total de deux millions de salariés. Il en ressort qu'au cours de l’année 2016, 34,1% des salariés ont été absents au moins une fois pour maladie et la moyenne de jours d’absence par salarié absent est de 35,5 jours.

En complément de cette analyse, le groupe a interrogé des salariés, des dirigeants et des médecins traitants pour mieux comprendre les motifs et les conditions dans lesquelles sont pris les arrêts maladie. Les résultats montrent que les trois principaux motifs d’arrêts sont pour 28% la maladie ordinaire (65% des arrêts courts), pour 18% des troubles musculo-squelettiques et pour 17% des troubles psychologiques ou une grande fatigue.

Les auteurs précisent que "lorsque l’arrêt de travail est lié à la vie professionnelle, les trois principaux facteurs aggravant la probabilité d’absence sont: un travail perçu comme nerveusement fatigant (26% de chances en plus que les salariés soient arrêtés au moins une fois dans l’année), plusieurs changements de travail vécus dans l’année (21% de chances en plus), et des conditions de trajet difficiles (32% de chances en plus)."

Des causes multifactorielles

Contrairement aux idées reçues, c'est la population des 30-39 ans qui est la plus concernée par l’absentéisme: 37,8% des salariés de cette tranche d'âge ont eu au moins un arrêt de travail dans l'année. "Les trentenaires doivent concilier leurs responsabilités familiales (jeunes enfants) et leur désir d’évolution de carrière professionnelle", affirment les auteurs. Mais ce constat est à nuancer puisque la durée moyenne de leur absence est de 29,5 jours, soit 6 fois moins que la moyenne.

La durée d'absence augmente significativement avec l’âge, allant de 22,8 jours pour les moins de 30 ans à 50,8 jours pour les plus de 50 ans. En cause, notamment, le développement des maladies chroniques, les phénomènes d’usure professionnelle mais aussi l’augmentation des salariés aidants chez les plus de 50 ans. L'étude établit également une comparaison entre les hommes et les femmes, et il s'avère que 37,5% des femmes ont eu au moins un arrêt maladie en 2016, contre 30,4% des hommes.

Mais en raison de circonstances atténuantes selon les auteurs. "Les femmes sont plus exposées aux contraintes liées à la conciliation vie privée/vie professionnelle. Elles sont également plus nombreuses à occuper des emplois peu qualifiés et sont, dans certains secteurs, davantage soumises à des conditions de travail souvent inadaptées." Les chiffres par secteur professionnel justement, montrent que les ouvriers restent les plus concernés par les arrêts maladies: 40,7% pour une moyenne de 41,2 jours.

Une décision plus complexe qu'il n'y paraît

Viennent ensuite les agents de maîtrise et techniciens (pour une moyenne de 38 jours) ainsi que les employés (32,6 jours). Pour les cadres, on compte 27,8% d’absents pour une durée moyenne de 25,9 jours. Quant aux secteurs les plus impactés, l’industrie/BTP et la santé arrivent premiers, avec 38,9% et 38,5% des salariés arrêtés au moins une fois dans l’année. "Le secteur de la santé connaît par ailleurs la durée moyenne d’absence par salarié absent la plus longue, avec 41 jours en 2016", notent les auteurs.

Plus la taille de l'entreprise est importante, plus le taux d'absentéisme le sera également: à partir de 200 salariés, il est supérieur à la moyenne de 34,1%. Autre idée reçue à déconstruire: si un salarié sur dix a volontairement sollicité un arrêt maladie auprès de son médecin, ils sont encore plus nombreux à y renoncer malgré l'autorisation de ce professionnel de santé. Ainsi, près de 20% des arrêts de travail prescrits en 2016 n’ont pas été suivis: 7% des arrêts ont été pris, mais pas en totalité, et 12% n’ont pas été pris du tout.

"Pour expliquer ce refus, les salariés interrogés invoquent 'qu’ils n’ont pas l’habitude de se laisser aller', des raisons financières, la crainte d’avoir une charge de travail trop importante à leur retour, la pression hiérarchique et 20% déclarent qu’il leur semblait impossible de déléguer leurs tâches", énumèrent les auteurs. Se pose alors la question du "présentéisme", un phénomène qui a un effet négatif sur la productivité individuelle mais aussi collective en entreprise.

L'étude montre ainsi que 39% des salariés n’ayant pas respecté leur arrêt le regrettent en raison de l’impact sur la qualité de leur travail (65%), sur leur santé avec un rallongement de la durée de la maladie (53%), une rechute (50%), ou une baisse de moral (45%). Les entreprises sont conscientes de l'importance de prévenir l'absentéisme, et mettent en place des actions en faveur de la qualité de vie au travail, de la conciliation vie professionnelle/personnelle et du coaching santé.

Alexandra Bresson