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Le temps froid beaucoup plus meurtrier que le chaud

Une vague de froid persistait à New York, le 5 mars 2015.

Une vague de froid persistait à New York, le 5 mars 2015. - Jewel Samad / AFP

Les épisodes de temps froid font globalement 20 fois plus de victimes que les périodes chaudes, selon une vaste étude internationale publiée jeudi dans la revue médicale britannique The Lancet. Mais contrairement aux attentes, les chercheurs qui ont réalisé cette étude ont montré que les décès prématurés étaient beaucoup plus nombreux lors des périodes modérément chaudes ou froides que lors des vagues de froid ou des canicules. "En analysant la plus grande base de données existante sur les décès liés à la température, nous avons découvert que la majorité de ces décès se produisent en réalité lors de journées modérément chaudes ou froides et que la majeure partie interviennent lorsque les températures sont modérément froides", souligne le Dr Antonio Gasparrini de la London School of Hygiene and Tropical Medicine qui a coordonné ces travaux.

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont étudié 74 millions de décès intervenus entre 1985 et 2012 dans 387 localités réparties dans 13 pays au total, dont les Etats-Unis, le Canada, l'Australie, le Brésil ainsi que plusieurs pays asiatiques (dont la Chine et le Japon) et quatre pays européens (Italie, Espagne, Suède et Royaume-Uni).

Ils ont comparé les températures moyennes quotidiennes avec les décès, en tenant également compte des niveaux d'humidité et de pollution atmosphérique. Selon eux, 7,71% de tous les décès seraient liés à des "températures non optimales" (NDLR s'éloignant des moyennes retenues pour chaque localité), avec des pourcentages allant de 3% en Thaïlande, au Brésil et en Suède à 11% en Chine, au Japon et en Italie. Le froid a été considéré comme responsable de la très grande majorité des décès (7,29%) contre seulement 0,42% imputable au chaud. Quant aux températures extrêmes, elles n'auraient joué un rôle que dans moins d'1% des décès, contre plus de 6% attribuées aux températures modérément froides aux chaudes.

La chaleur, tout comme le froid, sont généralement associés à une mortalité cardiovasculaire accrue, tandis que le froid augmente également le risque de problèmes respiratoires. Les personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques sont les plus vulnérables.

Dans son dernier rapport publié l'an dernier, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) a indiqué que les canicules allaient "très probablement" devenir beaucoup plus fréquentes et durer plus longtemps à l'avenir et qu'elles auraient d'importantes implications sanitaires et économiques.

La rédaction avec AFP