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Le patron de la chirurgie cardiaque de Metz suspendu

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NANCY, Meurthe-et-Moselle (Reuters) - Le chef du service de chirurgie cardiaque de l'hôpital de Metz a été suspendu à titre conservatoire en raison...

NANCY, Meurthe-et-Moselle (Reuters) - Le chef du service de chirurgie cardiaque de l'hôpital de Metz a été suspendu à titre conservatoire en raison de dysfonctionnements révélés par une enquête sur la surmortalité parmi ses patients, a dit vendredi l'Agence régionale de santé (ARS) de Lorraine.

Pierre-Michel Roux fait en outre l'objet d'un procédure disciplinaire engagée par le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers, a précisé le directeur de l'ARS, Jean-Yves Grall, lors d'une conférence de presse à Nancy.

L'activité du service de chirurgie cardiaque du centre hospitalier régional Bon Secours de Metz a été suspendue le 11 octobre, une inspection administrative y ayant constaté un taux de mortalité deux fois plus élevé que la moyenne nationale et jusqu'à trois fois supérieur pour certaines interventions.

"Nous avons relevé de graves irrégularités", a déclaré Jean-Yves Grall à propos de l'activité libérale du professeur Roux qui exerçait en secteur 2, dit à dépassement d'honoraires.

Le directeur de l'ARS a relevé "l'opacité quant à l'information préalable au choix éclairé des patients" précédant une intervention et "un processus de réalisation de l'activité privée, notamment administratif, qui apparaît non réglementaire".

Les devis relatifs aux dépassements d'honoraires "sont parfois rétroactifs, parfois peu clairs et parfois avec des montants en amont qui ne correspondent pas aux montants définitifs", a-t-il ajouté.

Jean-Yves Grall a également fait un point d'étape sur l'expertise complémentaire relative à la surmortalité. La surmortalité constatée en 2009 est confirmée, a-t-il dit, et s'est même plutôt aggravée durant l'année en cours. Concernant les changements de valve, elle atteint 21% contre une moyenne nationale de 6,4%.

L'expertise fait apparaître lors d'une même intervention "des actes chirurgicaux multiples et extensifs, certains étant non validés, non indiqués, voire délétères et ne correspondant à aucune recommandation des sociétés savantes françaises ou américaines".

"Le service fonctionnait en autarcie", a dit Jean-Yves Grall, qui envisage néanmoins une reprise de l'activité de chirurgie cardiaque dans les semaines à venir, après remise à plat des procédures et reconstitution d'une "équipe stable".

Gilbert Reilhac, édité par Patrick Vignal