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Le ministre de la Santé annonce que la France se prépare bien "à une épidémie" de coronavirus

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Dans une interview accordée au Parisien, le successeur d'Agnès Buzyn affirme que l'exécutif multiplie le nombre de laboratoires équipés en tests de diagnostic pour atteindre une capacité de plusieurs milliers d'analyses par jour.

À peine nommé ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran monte au front. Au cours d'une longue interview accordée au Parisien ce samedi, le successeur d'Agnès Buzyn affirme que d'autres cas de contraction du coronavirus en France sont à craindre. "C'est très probable. Une épidémie? Nous nous y préparons", entame le député de l'Isère. 

Affirmant qu'il ne restait aujourd'hui "plus qu'un seul malade en France, hospitalisé à Lyon" et dont l'état de santé "n'est pas préoccupant", le ministre a rappelé son choix "de mettre en quarantaine tous les Français rapatriés vendredi en provenance d'une zone rouge en Chine". "Nous restons en alerte maximale", insiste-t-il. 

"Nous multiplions le nombre de laboratoires équipés en tests de diagnostic pour atteindre une capacité de plusieurs milliers d'analyses par jour et sur tout le territoire, contre 400 aujourd'hui. Nous poursuivons également l'équipement en masques", énumère par ailleurs Olivier Véran.

"Je veux que nous soyons pleinement opérationnels"

D'après le ministre, le risque est "sérieux" et le gouvernement se met "en situation" d'y faire face. Santé publique France travaille selon Olivier Véran "avec les entreprises françaises qui (...) fabriquent" des masques. "J'ai réuni mardi une soixantaine de décideurs en matière de santé car le partage d'informations et le retour d'expérience sont essentiels", dit-il.

"Si l'épidémie atteint l'Europe, je veux que nous soyons pleinement opérationnels", précise le successeur d'Agnès Buzyn, ajoutant être "particulièrement attentif à la situation en Iran, en Corée du Sud où le nombre de cas augmente, ou encore au Japon, et plus près de nous en Italie". 

Rappelons que les lieux publics ont été fermés vendredi dans onze villes italiennes après la découverte de nouveaux porteurs du coronavirus tandis que l'Organisation mondiale de la santé s'est inquiétée de l'absence de "lien épidémiologique clair" dans des cas apparus en dehors de la Chine. D'où l'inquiétude de plus en plus visible de l'OMS, dont le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a déclaré vendredi que la "fenêtre de tir" pour enrayer l'épidémié "se rétrécit".

Polémique sur les libertés en Chine

Olivier Véran a par ailleurs été interrogé sur les propos qu'il a tenus mardi sur France Inter, à savoir que la réactivité de la Chine face au début d'épidémie serait impossible à "réaliser (...) dans un pays dans lequel les réseaux sociaux seraient ouverts". Très vite, le nouveau ministre s'est vu accusé de faire l'apologie d'une forme de censure. 

"Je regrette ce procès intenté sur un sujet si grave (...) J'ai fait deux constats. Le premier est que la Chine dispose d'un système sanitaire réactif et de qualité. Le second, est que les Chinois n'ont pas le même degré de liberté que nous. En aucun cas je ne plaide aujourd'hui pour des mesures de confinement à grande échelle en France. Et je n'appelle à aucune forme de restriction des libertés", a-t-il répondu. 
Jules Pecnard