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La vaccination avec AstraZeneca reprend dans plusieurs pays d'Europe, dont la France

Le vaccin AstraZeneca photographié le 11 mars 2021 à Paris

Le vaccin AstraZeneca photographié le 11 mars 2021 à Paris - JOEL SAGET © 2019 AFP

Quatre jours après leur suspension en France, les injections du vaccin AstraZeneca vont reprendre dans l'Hexagone comme dans plusieurs pays européens.

Plusieurs pays dont l'Italie, la France et l'Allemagne reprendront ce vendredi les vaccinations avec le vaccin AstraZeneca après la publication d'un avis favorable de l'Agence européenne des médicaments (EMA), tandis que la France s'apprête à reconfiner près d'un tiers de sa population, dont Paris.

La vaccination va également pouvoir reprendre dès aujourd'hui en Bulgarie ou en Slovénie. D'autres pays s'y remettront la semaine prochaine, notamment l'Espagne, le Portugal et les Pays-Bas.

Comme une quinzaine d'autres pays, la France avait suspendu par précaution l'utilisation du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19 après le signalement d'effets secondaires tels que des troubles de la coagulation et la formation de caillots.

Ce vendredi, le Premier ministre Jean Castex montrera l'exemple en se faisant injecter une dose du sérum, tout comme son homologue britannique Boris Johnson.

"Sûr et efficace"

Jeudi, l'EMA a jugé "sûr et efficace" le vaccin suédo-britannique dans un avis très attendu puisque l'Union européenne, en pleine pénurie, compte sur des millions de doses de ce vaccin.

"Le vaccin n'est pas associé à une augmentation du risque global d'événements thromboemboliques ou de caillots sanguins", a déclaré la directrice exécutive de l'EMA, Emer Cooke, lors d'une visioconférence.

"Nous nous félicitons des décisions des régulateurs qui affirment le bénéfice de notre vaccin pour arrêter la pandémie", a réagi dans un communiqué Ann Taylor, médecin chef d'AstraZenaca.

La Norvège et la Suède attendront d'avoir effectué la semaine prochaine leurs propres évaluations pour reprendre la vaccination, car une équipe médicale norvégienne dit voir un lien entre le produit et des caillots sanguins observés chez des patients tombés dans un état grave, voire décédés, quelques jours après une première injection.

Un avis du Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale (GACVS) de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) est également attendu vendredi à propos de ce vaccin.

De son côté, le Royaume-Uni a annoncé une réduction de ses approvisionnements en vaccins en avril, susceptible de ralentir sa campagne de vaccination, l'une des plus avancées au monde.

Selon les médias britanniques, le problème d'approvisionnement est dû à un retard de livraison de cinq millions de doses produites en Inde par le Serum Institute pour AstraZeneca.

La Commission européenne a de son côté annoncé qu'elle allait activer une procédure contractuelle pour résoudre le conflit avec AstraZeneca, dont les livraisons sont nettement inférieures aux chiffres prévus.

402,3 millions de doses

Malgré ces déconvenues, la vaccination a continué d'accélérer. Au moins 402,3 millions de doses ont été administrées dans le monde, dont plus d'un quart aux Etats-Unis.

La situation épidémique reste néanmoins "particulièrement" inquiétante dans les Balkans et en Europe centrale, selon l'OMS, à l'heure où le nombre de cas en Europe augmente pour la troisième semaine consécutive.

"Le nombre de personnes qui meurent du Covid-19 en Europe est plus élevé aujourd'hui qu'il ne l'était à la même époque l'année dernière", a souligné le directeur Europe de l'OMS, Hans Kluge.

Plusieurs responsables régionaux allemands ont ainsi exhorté jeudi les autorités européennes à accélérer l'examen du vaccin russe Spoutnik V et à anticiper son déploiement dans l'UE.

François de La Taille avec AFP