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La tuberculose progresse en Ile-de-France

La tuberculose est une maladie infectieuse due au bacille de Koch, le plus souvent pulmonaire.

La tuberculose est une maladie infectieuse due au bacille de Koch, le plus souvent pulmonaire. - iStock - anyaberkut

Après des années de régression puis de stabilisation, la tuberculose progresse depuis 3 ans en Ile-de-France. À Paris, les déclarations ont bondi de 23% en deux ans.

C’est une augmentation surveillée de près par les autorités sanitaires. Selon une étude publiée ce mardi par Santé publique France menée avec l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France, 1927 cas de tuberculose ont été déclarés en 2017, soit 118 de plus qu’un an plus tôt.

Une maladie souvent associée aux poumons, mais qui peut toucher différentes parties du corps, avec ou sans symptômes. 

"Il faut distinguer la tuberculose pulmonaire dont les symptômes sont de la toux, et parfois des crachements de sang, et la tuberculose non pulmonaire qui peut toucher tous les organes, comme les ganglions, les os comme la colonne vertébrale. Pour cette dernière, les symptômes dépendent de la localisation. Dans tous les cas, les signes communs sont un amaigrissement, des sueurs notamment la nuit, et une fièvre pas très élevée", nous détaille le professeur Olivier Bouchaud, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Avicenne (AP-HP) de Bobigny.

10 millions de nouveaux cas en 2017 dans le monde

Dans le monde, l’Organisation mondiale de la santé a dénombré 10 millions de nouveaux cas en 2017, avec plus d’1,6 million de décès. En France, les spécialistes estiment que le nombre de cas se situe entre 5000 et 6000 par an, avec 2 à 3% de décès. Si c’est en Seine-Saint-Denis que le nombre de cas recensés est le plus important, c’est à Paris que la plus forte progression a été enregistrée. Les déclarations de tuberculose y ont bondi de 23,4% en l’espace de deux ans.

Parmi les personnes les plus touchées, les hommes, les sans-abri et les personnes nées à l’étranger résidant en collectivité.

"On constate que la tuberculose reste confinée dans le milieu des personnes à risque et touche très peu la population générale. D’ailleurs, la contagion n’existe que dans certaines tuberculoses pulmonaires, avec des contacts répétés et rapprochés", ajoute Olivier Bouchaud.

Les jeunes de 15 à 24 ans représentent 29,1%, soit près d’une déclaration sur trois. Cela s’explique notamment par le fait que les adolescents sont plus à risque de passer d’une forme latente de tuberculose, c’est-à-dire à une infection sans symptôme, à une forme déclarée.

Margaux de Frouville