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La grippe tue "très rarement" les enfants

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(Image d'illustration) - Justin Sullivan-AFP

Les parents doivent surveiller de très près les nourrissons qui montrent des symptômes d'état grippal et consulter au plus vite un pédiatre pour réduire les risques.

C'est une interrogation qui inquiète les parents: la grippe peut-elle causer la mort d'un enfant? Le 31 janvier, une fillette de 3 ans a perdu la vie après avoir contracté cette maladie. Ses parents, qui accusent le Samu de ne pas s'être déplacé alors que la petite souffrait d'une violente fièvre et montrait des difficultés à respirer, ont décidé de porter plainte quelques jour plus tard. 

Par ce biais, les parents pourront accéder au compte-rendu de l'autopsie de la petite fille ainsi qu'au scanner et à la prise de sang réalisés juste après sa mort, qui devraient permettre de comprendre comment la maladie a pu l'emporter.

La grippe tue "très rarement" les enfants

Si la grippe peut effectivement se révéler mortelle pour les plus jeunes, ce cas extrême n'arrive que "très rarement", tient à rassurer Brigitte Virey, présidente du syndicat national des pédiatres français. Chez les plus petits, la mort peut être la conséquence fatale de complications pulmonaires ou de surinfections. 

"C’est pour cela que l'on recommande toujours aux parents de vacciner les enfants à risque dès six mois, et de se vacciner eux-mêmes avant les six mois du bébé pour le protéger", explique la spécialiste.

D'après Brigitte Virey, la difficulté principale consiste à diagnostiquer la maladie chez le nourrisson. "C’est difficile de faire un diagnostic de crise chez un tout petit car n’importe quel virus peut donner le même tableau: une fièvre qui atteint les 39-40°, il est abattu, ne mange plus", illustre-t-elle. 

Lorsque le nourrisson réunit tous ces symptômes, le pédiatre peut réaliser des tests de diagnostic de grippe. Mais ces tests "ne sont pas fiables à 100%", révèle la spécialiste. "Quand c’est positif, on sait que l’enfant est atteint de la grippe. Mais un négatif peut être trompeur car il peut y avoir de faux négatifs", précise-t-elle.

Dans tous les cas, un enfant qui montre des symptômes de crise doit être surveillé de près rappelle-t-elle:

"Il faut lui donner du paracétamol pour la fièvre, l’hydrater et le réhydrater parce qu’il boit très peu et mange très peu, et parce qu'en plus la fièvre entraîne des pertes d’eau. C’est-à-dire que si une fièvre monte encore alors qu’elle ne le devrait plus, s’il y a des signes cliniques autres qui apparaissent comme une détresse respiratoire, alors il faut consulter à nouveau rapidement son pédiatre, qui indiquera s’il faut aller aux urgences ou non".

Des patients plus jeunes touchés

Santé publique France a de son côté remarqué début janvier que l'épidémie de cet hiver touchait des patients plus jeunes que d'habitude. "Les jeunes sont plus touchés et ceci tient au type de virus dominant qui circule, un H1N1, un des descendants de la pandémie de 2009", expliquait sur BFMTV Sylvie Van Der Werf, responsable du centre national de référence de des virus des infections respiratoires à l'Institut Pasteur.

Et selon elle, cette souche touche davantage les jeunes adultes que les personnes âgées. "Ces grippes H1N1 peuvent être sévères et avoir des formes graves", assurait la spécialiste. Les passages aux urgences pour grippe ont concerné dans plus d'un cas sur trois des enfants de moins de 5 ans. 

"Dans la tranche d'âge de moins de 5 ans, les petits sont particulièrement à risque de faire des formes plus sévères", ajoutait Sylvie Van Der Werf.

L'épidémie saisonnière de grippe en France a causé un excès de mortalité de près de 3000 décès jusqu'à début janvier, soit moins qu'il y a un an, a indiqué Santé publique France. Près de 90% des décès concernent des personnes âgées de 65 et plus.

Céline Hussonnois-Alaya avec Céline Penicaud