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La crise pourrait causer une recrudescence de la tuberculose en France

Vue au microscope du bacille de Koch, responsable de la tuberculose.

Vue au microscope du bacille de Koch, responsable de la tuberculose. - -

Un collège dans l'Essonne a été fermé jeudi, après que des cas d'infection tuberculeuse latente y ont été détectés. BFMTV.com fait le point sur la tuberculose en France, où la vaccination par le BCG n'est plus obligatoire depuis 2007.

À Evry dans l'Essonne, plusieurs cas d'infection tuberculeuse latente ont été détectés dans un collège. Où en est on avec la maladie en France? Assiste-t-on à un retour de la tuberculose? Le professeur Brigitte Gicquel, qui dirige l'unité de génétique mycobactérienne à l'Institut Pasteur, répond à nos questions.

Y a -t-il une recrudescence de la tuberculose en France?

Il n'y a pas eu de recrudescence de la tuberculose entre 2009 et 2010 -le 11 juillet 2007, a été suspendue l'obligation de vaccination par le BCG. Quand on a arrêté l'obligation vaccinale, on a mis en route les centres de lutte anti tuberculeuse pour mieux surveiller la tuberculose, encourager les gens à se présenter s'ils ressentent les symptômes de la tuberculose

Ainsi, on a pu observer un an après l'arrêt de l'obligation une petite recrudescence, liée plutôt à un meilleur dépistage. Surveillance et éducation sont les meilleurs moyens d'éviter la propagation.

Pourquoi avoir suspendu l'obligation de vaccination?

En France, il y a actuellement huit nouveaux cas par an pour 100.000 habitants. Un chiffre qui monte à 16,3 pour 100.000 en région parisienne. C'est faible. Comme le BCG n'est pas complètement inoffensif - le donner à des enfants immunodéprimés fait des désastres - le bénéfice atteint à peu près le niveau de risque.

On commence la vaccination quand on est à plus de 10 cas pour 100.000. En Ile de France on recommande la vaccination. D'autant plus qu'il y a des populations qui viennent de pays où la tuberculose est endémique, par conséquent les gens sont infectés. Souvent ces populations vivent dans des conditions difficiles. Le risque de réactiver la tuberculose qui était latente chez eux est important.

Comment se transmet la tuberculose?

La tuberculose chez l'adulte est pulmonaire et se transmet par aérosol, quand les personnes toussent et éternuent. N'importe qui, qui va prendre le métro, reste longtemps à côté de quelqu'un de tuberculeux peut être contaminé. Mais seulement 5 à 10% des personnes infectées vont déclarer une tuberculose.

Si on a un système immunitaire amoindri, comme les malades du sida par exemple, la tuberculose se développe dans un nombre de cas beaucoup plus grand.

A quelle évolution de la maladie peut-on s'attendre dans les années à venir?

On aurait tendance à dire que vu le développement de la crise et l'augmentation de population qui vit dans des conditions de plus en plus difficiles de malnutrition, de stress, etc. on s'attend à ce que des personnes infectées passent au stade tuberculeux.

La tuberculose est un thermomètre des conditions économiques dans lesquelles vit une population.

La crise que nous connaissons depuis deux ans et qui risque encore de durer, on peut faire les prédictions que des choses vraiment désagréables vont arriver. Mais heureusement il y a des centres de lutte anti tuberculeuse qui veillent et encourage la population à se soigner et surveille que les gens se soignent.

Mais pour les gens dont la priorité est de se nourrir, se soigner passe en deuxième position et le problème s'aggrave.

|||En France, selon le ministre de la Santé, la vaccination est recommandée pour les enfants qui répondent à l'un des critères suivants:

• enfant né dans un pays de forte endémie tuberculeuse;

• enfant dont au moins l’un des parents est originaire de l’un de ces pays;

• enfant devant séjourner au moins un mois d’affilée dans l’un de ces pays ;

• enfant ayant des antécédents familiaux de tuberculose (collatéraux ou ascendants directs) ;

• enfant résidant en Île-de-France ou en Guyane ;

• enfant dans toute situation jugée par le médecin à risque d’exposition au bacille tuberculeux notamment enfants vivant dans des conditions de logement défavorables (habitat précaire ou surpeuplé) ou socio-économiques défavorables ou précaires (en particulier parmi les bénéficiaires de la CMU, CMUc, AME, …) ou en contact régulier avec des adultes originaires d’un pays de forte endémie.

Propos recueillis par Magali Rangin