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La conférence sida lance un appel au maintien de l'aide financière américaine

6.000 spécialistes du sida sont réunis à Paris.

6.000 spécialistes du sida sont réunis à Paris. - Sia Kambou - AFP

Les quelque 6.000 spécialistes du sida réunis pour une conférence internationale sur la maladie à Paris lance un appel à Donald Trump qui a proposé de réduire les dépenses envers les programmes de santé dans le budget 2018.

Les organisateurs de la conférence internationale de recherche sur le sida, qui s'est ouvert ce dimanche à Paris, ont appelé les Etats-Unis, premier contributeur dans la lutte contre l'épidémie, à "rester engagés" financièrement, alors que le président Donald Trump a menacé de coupes budgétaires.

"Les Américains représentent un financement essentiel dans ce domaine et nous avons besoin qu'ils restent engagés", a déclaré Linda-Gail Bekker, chercheuse au Desmond Tutu HIV Centre, situé en Afrique du Sud, et présidente de la Société internationale du sida, au cours d'une conférence de presse. 

Avertissement

Plus qu'un appel, c'est un avertissement que lance la spécialiste. Si les Etats-Unis réduisaient leurs aides en faveur de la recherche pour le sida, cela se traduirait par des morts et des nouvelles contaminations supplémentaires, a-t-elle averti. Les "progrès remarquables" accomplis dans la lutte contre le sida n'auraient pas été possibles sans la recherche, "toute coupe dans les financements remettrait en cause ces progrès", a-t-elle souligné.

Quelque 6.000 spécialistes du sida sont réunis à Paris pour faire le point sur les avancées de la recherche, qui explore des voies indirectes pour lutter contre le virus, en attendant de parvenir à l'éradiquer ou à trouver un vaccin. 34 ans après la découverte du virus du VIH, les chercheurs butent toujours sur sa capacité à se dissimuler dans certaines cellules du système immunitaire, formant des réservoirs viraux qui se réactivent si on arrête le traitement. 

Baisse des dons gouvernementaux

Au niveau mondial, les dons gouvernementaux ont chuté l'an dernier à leur plus bas niveau depuis 2010 - à 7 milliards de dollars (environ 6,4 milliards d'euros) contre 7,5 milliards de dollars en 2015 - selon la Kaiser Family Foundation. Les Etats-Unis sont historiquement le plus gros contributeur à la lutte contre le sida : ils représentent à eux seuls plus des deux tiers des financements gouvernementaux internationaux. 

Le président Donald Trump propose de réduire ces dépenses dans le budget 2018, actuellement en discussion au Congrès, pour un montant global évalué à plus d'un milliard de dollars par l'ONG américaine Health Gap. Il faut "réduire les financements de plusieurs programmes de santé, dont certains concernent le sida, en considérant que d'autres donneurs devraient augmenter leur contribution", a écrit Trump en mai dans un projet de budget.

"Cette semaine nous allons montrer que les investissements dans la lutte contre l'épidémie ne sont pas perdus: cet argent n'est pas gaspillé, il sauve des vies", a dit Linda-Gail Bekker. "Nous sommes en train de briser la colonne vertébrale de l'épidémie. C'est un moment que nous ne pouvons pas laisser passer", a de son côté plaidé Michel Sidibé, directeur exécutif de l'Onusida. Il veut croire au "soutien transpartisan pour les programmes" contre le sida qu'il a senti chez les parlementaires américains.

J.C. avec AFP