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L'été, gare aux tatouages éphémères à base de henné

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- - iStock - ninelutsk

L'Agence nationale de sécurité du médicament rappelle aux vacanciers que la réalisation des tatouages noirs temporaires au henné est vivement déconseillée. Les préparations utilisées contiennent en effet une substance appelée paraphénylènediamine illégalement ajoutée et susceptible de provoquer un eczéma allergique parfois grave.

En vacances, des tatouages éphémères au henné noir peuvent être proposés sur les plages, dans les centres de vacances ou sur les marchés. Ces tatouages rencontrent beaucoup de succès par cette coloration noire, plus appréciée que la teinte habituelle du henné qui varie du brun a l’orange. Mais l'ANSM* déconseille vivement l'utilisation de ces derniers, en raison de risques allergiques.

Avec le vrai henné, qui provient d'une plante, les réactions allergiques sont rares. Mais pour obtenir une couleur plus foncée, un autre ingrédient est souvent ajouté: de la paraphénylènediamine (PPD), un produit de synthèse bon marché qui augmente par ailleurs la longévité du tatouage. "La PPD est une substance autorisée dans les produits cosmétiques, uniquement dans les teintures capillaires, à une concentration ne pouvant excéder 6%. Cette substance est également utilisée pour colorer les textiles notamment.", explique l'ANSM.

Le Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues (SNDV) évoque pour sa part une "substance allergisante et photosensibilisante", qui peut réagir avec la peau et laisser place à un tatouage indélébile. Chaque année, des dermatologues et allergologues lui signalent ainsi une dizaine de cas d’eczéma allergique de contact, y compris chez des enfants. Aussi appelé "dermatite de contact", il s'agit d'une maladie inflammatoire cutanée.

Une sensibilisation irréversible

Dans sa forme aiguë, l'eczéma allergique de contact se manifeste par l'apparition de plaques rouges et sèches à bords irréguliers et la survenue sur ces plaques de vésicules. Les cas rencontrés surviennent quelques jours à quelques semaines à la suite de la réalisation de ces tatouages. Les réactions peuvent être limitées à la zone tatouée ou s’étendre à la zone avoisinante voire à tout le corps. "Elles peuvent être sévères et nécessitent parfois une prise en charge médicale urgente voire une hospitalisation.", met en garde l'ANSM.

A long terme, ces réactions peuvent également conduire à une polysensibilisation pour tout contact avec un produit contenant de la paraphénylènediamine. "Ces sensibilisations sont de plus en plus préoccupantes: elles affectent principalement des enfants ou des adolescents et sont susceptibles d’avoir des incidences dans leur vie quotidienne et/ou professionnelle. En dernier lieu, il est utile de rappeler que l’induction de sensibilisation a un caractère irréversible.", conclut l'ANSM.

Compte tenu des "difficultés de contrôle du circuit de distribution des produits et des lieux de réalisation des tatouages", elle demande chaque année aux professionnels de santé d'informer leurs patients sur les risques liés à ces tatouages et de prendre garde à identifier une éventuelle allergie à une substance colorante autre que la PPD. Les vacanciers doivent de leur côté savoir qu'il est important de ne pas accepter de faire des tatouages sur les plages, lieu où le risque "que ce ne soit pas véritablement du henné pur" est le plus élevé selon le SNDV.

En cas de réactions, le premier réflexe est de protéger la zone tatouée du soleil et des UV et de consulter un dermatologue afin d'éviter qu'elle ne s'aggrave. "Faites des tests allergologiques, la nature du produit utilisé est importante à connaître pour orienter le dermato-allergologue", recommande le syndicat. En guise de traitement, des crèmes à base de corticoïdes sont le plus souvent prescrites, sachant que la guérison peut prendre trois à quatre semaines.

*Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé

Alexandra Bresson