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L'épilation définitive est-elle un acte médical?

L'épilation définitive à base de lumière pulsée constitue-t-elle un exercice illégal de la médecine? Plusieurs médecins le pensent.

L'épilation pratiquée à l'aide de la lumière pulsée doit-elle faire l'objet d'une surveillance médicale? Pour beaucoup de médecins, cette technique mise en oeuvre par les instituts d'esthétiques relève de l'exercice illégal de la médecine. Elle n'est pas sans risque pour la peau des clients des esthéticiens à qui ils contestent le droit de la pratiquer.

Pour le docteur Maud Bézier du Syndicat national des dermatologues vénéréologues cette forme d'épilation est bien un "acte médical qui n'est pas sans danger".

"Il y a un risque de brûlure et de dépigmentation de la peau. Par ailleurs, la pilosité excessive de certaines femmes peut être liée à un trouble hormonal et ça, seul un médecin peut le détecter", souligne-t-elle. "Il faut un suivi pour gérer les effets inattendus ou les effets indésirables", conclut-elle.

Les esthéticiens se disent suffisamment formés

Du côté des instituts pratiquant la technique, le discours est bien sûr très différent. L'efficacité plaident en leur faveur puisque la lumière pulsée, qui présente l'avantage d'être indolore, limite très fortement et durablement la repousse du poil. Caroline Mailhé, esthéticienne, assure respecter scrupuleusement les précautions indiquées lors d'une formation spécifique. 

"Ce n'est pas la peine d'avoir fait dix ans de médecine pour pouvoir faire de la lumière pulsée. Il ne faut pas faire n'importe quoi", assure Caroline Mailhé pour qui ce geste est devenu quotidien.

Elle affirme se prémunir en posant "toujours à ses clientes des questions par rapport aux traitements qu'elles ont suivis, à leur exposition au soleil ou à la prise d'un médicament photosensible".

Ces arguments peinent à convaincre les médecins qui invoquent un arrêté de 1962, disposant que toute forme d'épilation autre que celles pratiquées à la pince ou à la cire constitue un exercice illégal de la médecine. 

D. N. avec Julien Migaud-Muller et Antoiner Corver