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L'alimentation durable de plus en plus adoptée par les Français

L'alimentation durable est un mode de consommation qui met au cœur le partage, le lien social, la convivialité, l’ancrage et la qualité des produits du terroir.

L'alimentation durable est un mode de consommation qui met au cœur le partage, le lien social, la convivialité, l’ancrage et la qualité des produits du terroir. - iStock - AlexanderNovikov

Inquiets de la qualité des produits alimentaires, les Français disent avoir de plus en plus adopté des comportements durables dans le domaine de l’alimentation, selon un récent sondage Ipsos. L’origine, la saison et les conditions de production sont les critères qui gagnent le plus en importance dans leurs choix.

Consommer moins et mieux, tel est le but de l'alimentation durable. Une pratique que semblent de plus en plus adopter les Français, selon un récent sondage Ipsos réalisé à l'occasion des "1ères rencontres de l’Alimentation Durable" pour la Fondation Daniel et Nina Carasso.

Sa mission consiste à favoriser la mise en relation des acteurs de la transition (associations, chercheurs, collectivités, acteurs économiques) qui travaillent "en faveur de l’émergence d’approches nouvelles pour gérer durablement le bien commun qu’est notre alimentation". Qu’est-ce qui compte le plus aujourd’hui dans les choix des consommateurs, quelles sont leurs préoccupations?

Dans leur grande majorité, les Français disent qu'ils consomment davantage de produits bons pour la santé (71%), de produits régionaux ou vendus en circuits courts (70%), et qu’ils ont tendance à réduire la quantité de nourriture qu’ils jettent (67%). En pratique, 31% des déclarent renoncer souvent ou systématiquement aux produits sur-emballés, 30% disent acheter directement aux producteurs, et 27% privilégient les produits bio et des fruits et légumes abîmés.

"Le contenu de leur assiette reflète leurs attentes"

Les gestes permettant concrètement de réduire l’impact social et environnemental de l’alimentation sont fréquents dans un tiers des foyers français. Et ceux qui ont choisi de les adopter en tirerait des bénéfices, parmi lesquels des repas de meilleur goût (38%) et le sentiment d’apporter leur soutien à l’agriculture locale (37%). Réduire le gaspillage, favoriser les circuits courts, être attentif aux conditions de vie...

"Les consommateurs ont compris que le contenu de leur assiette reflète leurs attentes et influencent les modes de production, de transformation, de distribution de leurs aliments", précise la Fondation.

Outre une alimentation diversifiée, des modèles d’agriculture, d’élevage et de pêche, ou encore de transformation agroalimentaire qui préservent le climat et des pratiques alimentaires sobres en consommation d’énergie, l'alimentation durable se définit aussi comme le choix de favoriser une alimentation créatrice d’emplois contribuant au développement local des territoires et qui favorise des politiques alimentaires définies de façon concertée par l’ensemble des acteurs concernés.

Une recherche de qualité

L’origine géographique et la saisonnalité sont, avec le prix, les trois critères auxquels les sondés accordent de plus en plus d’importance ces dernières années. "Ce résultat confirme l’attachement grandissant des Français au 'consommer local' qui constitue pour eux une réponse à la crise de confiance dans les produits alimentaires", explique la Fondation.

Ainsi, plus de trois Français sur quatre (77%) privilégient de façon régulière l’achat de produits frais et un sondé sur deux (50%) préfère "systématiquement" ou "souvent" les produits de qualité, quitte à les payer plus cher. Cet intérêt pour ce mode de vie s'explique notamment par le fait que de plus en plus de Français se disent inquiets sur la qualité des aliments qu’ils consomment.

Moins d'additifs, de pesticides, de sucre... 

Un sentiment qui progresse fortement ces dernières années: plus d’un sondé sur deux (52%) dit être davantage inquiet aujourd’hui qu’il y a deux ans. Outre l'enchaînement des scandales sanitaires, la santé est au cœur de leurs préoccupations. Pour cette raison, ils n'hésitent pas à écarter certains aliments: 64% l’ont fait en raison de la présence d’additifs, 63% en raison de la teneur en sucre ou en sel et 63% en raison de la présence de pesticides.

"Le mangeur ne devrait pas avoir à choisir entre plaisir et santé, impact environnemental et prix, entre distance et confiance. L’alimentation durable s’impose comme un défi collectif à relever", conclut la Fondation.

Si l’enquête montre que les consommateurs sont prêts à aller plus loin pour bousculer leurs pratiques (plus de produits de proximité, de saison), il reste l'obstacle du prix, considéré comme le frein le plus important. Par ailleurs, une grande majorité d'entre eux disent ne pas avoir assez d’information sur des éléments aussi essentiels que la composition des produits, les proportions exactes des ingrédients ou le lieu de conditionnement, et ce malgré l'étiquetage.

Alexandra Bresson