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INFOGRAPHIE. Les Français consomment de plus en plus de fast-food, et ce dès le plus jeune âge

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Image d'illustration - REMY GABALDA / AFP

Selon un rapport de l'Anses, la consommation de restauration rapide a augmenté en France ces 10 dernières années. L'Agence appelle à la contrer en facilitant l'accès à des cantines, scolaires ou d'entreprise.

En 2005, plus d'un tiers des adultes actifs et des étudiants affirmaient ne jamais manger de fast-food. 10 ans plus tard, cette part d'irréductibles ne représente plus qu'une personne sur 10. Dans le même temps, la proportion d'amateurs de restauration rapide occasionnels (1 à 3 fois par mois) et réguliers (au moins 4 repas par mois) est, elle, devenue majoritaire, passant de 28% à 55%.

Ces chiffres sont extraits d'une étude de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) sur la restauration hors du foyer, datée de décembre 2020 et publiée ce jeudi.

Les actifs, les étudiants et les enfants vont de plus en plus régulièrement dans des fast-food

L'étude n'aborde pas seulement la question de la fast-food, mais l'Anses "alerte sur la qualité nutritionnelle dégradée de la restauration rapide, pourtant de plus en plus fréquentée par les Français", comme le montre l'infographie ci-dessous.

Bien que le fast-food ne soit pas devenu la norme, "sa fréquentation au moins une fois par semaine a doublé entre 2006 et 2014, aussi bien chez les adultes que chez les enfants et adolescents, laissant présager une contribution plus importante à l’avenir dans l’ensemble de la population", craint l'Anses.

Si la hausse de fréquentation des enseignes de restaration rapide concerne une large partie de la population française, un profil-type d'amateur de fast-food semble se dessiner. Selon l'Anses, il s'agit souvent d'hommes, âgés de 18 à 44 ans, vivant dans des grandes villes de plus 100.000 habitants et ayant un niveau d'étude égal ou supérieur à Bac +4.

Des repas bien moins équilibrés

L'Agence affirme d'ailleurs que, chez les adolescents, la restauration rapide "semble constituer un concurrent direct aux restaurants scolaires, pourtant de meilleure qualité d’un point de vue nutritionnel".

La comparaison entre la qualité nutritionnelle de la restauration collective (cantines scolaires ou d'entreprise...) et de la restauration rapide est pourtant sans équivoque comme le montre l'infographie ci-dessous. Elle souvent plus riche en lipides, plus riches en acides gras saturées, plus riches en glucides et nettement plus gourmande en sucres et en sel.

"La restauration collective – restaurants scolaires et d’entreprise – apparaît plus conforme aux recommandations alimentaires actuelles que les autres catégories de restauration hors foyer", résume l'Anses. "L’Agence préconise donc d’en faciliter l’accès au plus grand nombre."

La restauration rapide pas seule fautive

Si cette évolution est préoccupante, l’Anses rappelle que "80 % des consommations et apports nutritionnels des individus sont issus de l’alimentation à domicile". La restauration rapide est donc loin d'être l'unique responsable de la qualité de l'alimentation des Français.

De plus, les chiffres de cette étude datent de 2015 et ne prennent donc pas en compte les changements de comportements des Français des 5 dernières années. La crise sanitaire du Covid-19 - responsable de la fermeture des restaurants - a par exemple bouleversé les habitudes de restauration hors-foyer des Français depuis mars 2020.

Louis Tanca Journaliste BFMTV