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INFOGRAPHIE. La bronchiolite est de retour, et l'épidémie arrive beaucoup plus tôt que d'habitude

Courante et très contagieuse, la bronchiolite provoque chez les bébés une toux et une respiration difficile. Même si elle est la plupart du temps bénigne, elle peut nécessiter un passage aux urgences, voire une hospitalisation.

La saison de la bronchiolite arrive avec beaucoup d'avance cette année. Dans son dernier bulletin hebdommadaire, publié ce mercredi, Santé publique France alerte sur "l’augmentation forte et précoce des indicateurs de surveillance" de cette maladie respiratoire qui touche les bébés, notamment durant l'hiver.

Selon l'agence, toutes les régions de France métropolitaine en sont déjà au stade épidémique, à l'exception de la Bretagne, comme le montre notre carte ci-dessous. À la même époque l'an dernier

Vers une épidémie "de grande ampleur" cet hiver?

Début octobre, le Conseil scientifique, qui guide le gouvernement français, prévenait déjà que "l'épidémie de bronchiolite pourrait être de grande ampleur" cette année. Les données de Santé publique France vont en ce sens: l'épidémie de bronchiolite de cet automne 2021 est pour le moment bien plus forte que lors des années précédentes. La plupart du temps bénigne, la maladie peut néanmoins conduire certains enfants à l'hôpital.

La semaine dernière, plus de 10% des passages aux urgences d'enfants de moins de 2 ans étaient des consultations liées à la bronchiolite - un niveau inédit en cette saison d'après les données de Santé publique France, qui remontent à 2010. En moyenne, le taux est plutôt autour de 6% en cette saison - il était nettement plus faible l'an passé, car les confinements et les gestes barrières anti-Covid ont bloqué la circulation des virus.

L'infographie ci-dessous vous permet de comparer l'intensité de l'épidémie de 2021 à celles des années précédentes.

Pourquoi l'épidémie est-elle déjà si forte?

Avec les confinements et les gestes barrières, peu d'enfants ont donc été infectés en 2020 par le virus respiratoire syncytial (VRS), responsable de la bronchiolite. Cela signifie donc également qu'ils ont été moins immunisés contre le VRS, rappelle le Conseil scientifique français dans son avis du 5 octobre.

"L’épidémie de bronchiolite pourrait être de grande ampleur compte tenu d’un déficit d’immunité collective acquise significatif pour les enfants nés après mars 2020. (...) La situation épidémiologique favorable du (Covid-19), la levée des restrictions sur les transports internationaux, et la moins bonne application des mesures barrières vont permettre à nouveau la circulation virale du virus respiratoire syncytial (VRS) dans les mois à venir."

Si l'épidémie atteint des niveaux inédits pour la mi-octobre, il est néanmoins eocre difficile de savoir elle va continuer de se propager à ce rythme pendant des mois, rappelle le professeur Sylvain Renolleau, chef du service de réanimation pédiatrique de l'Hôpital Necker à Paris.

"Il ne nous est pas possible pour l'instant de dire si cette épidémie va être plus importante que celles des années habituelles antérieures. (...) Dans d'autres pays comme aux États-Unis ou en Australie, où ils ont vu un début plus précoce dans la saison", l'épidémie ne s'est pas obligatoirement avérée "plus grave que les années précédentes".

"Un respect rigoureux des mesures barrières"

Interrogée par l'AFP, la Dr Fabienne Kochert, présidente de l'Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa), recommande "un respect rigoureux des mesures barrières". Elle conseille par exemple de ne pas emmener "de bébé de moins de 3 mois dans des grandes surfaces et "de garder un minimum de distanciation". Les bisous aux bébés doivent également être évités ; s'il est dû au VRS, un rhume chez un adulte peut donner une bronchiolite chez un tout petit.

Si dans la grande majorité des cas, les enfants guérissent vite des infections respiratoires virales et ne garderont aucune séquelle de leur passage à l'hôpital, la situation est plus délicate pour les enfants souffrant d'autres pathologies, qu'elles soient cardiaques, respiratoires ou autre.

Louis Tanca, avec AFP