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"Il est urgent d'arrêter": le tabagisme, un facteur de risque face au coronavirus

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Image d'illustration - AFP

En pleine épidémie de Covid-19, le comité national contre le tabagisme alerte les fumeurs, plus à risque de contracter cette maladie et de développer une forme grave.

On ne le dira jamais assez: fumer est mauvais pour la santé, encore plus en cette période d'épidémie de nouveau coronavirus. C'est là le message que souhaite faire passer le Comité national contre le tabagisme (CNCT). 

"Il est maintenant clairement démontré que les fumeurs présentent un risque majoré de contracter cette maladie et de développer une forme grave." estime l'association qui précise que "fumer altère les défenses immunitaires et les capacités pulmonaires, et que, d’autre part, les fumeurs portent régulièrement leurs doigts potentiellement porteurs de virus à la bouche, porte d’entrée fréquente du virus".

Mais est-ce vraiment établi? Selon une étude chinoise parue dans la revue scientifique américaine New England Journal of Medecine, la plupart patients atteints de forme sévère du Covid-19 présentaient les facteurs de gravité suivants: diabète, hypertension, maladie cardiovasculaire, et tabagisme.

L'OMS recommande par ailleurs d'arrêter de fumer en cette période de propagation du virus. Tout en rappelant que le tabac affaiblit le système respiratoire des fumeurs, l'agence explique que le tabagisme "augmente vos chances d'attraper le Covid-19" en raison du contact entre les mains et la bouche mais aussi du partage de cigarettes ou d'autres substances entre personnes.

Les fumeurs, des contaminateurs potentiellement majeurs

Le CNCT ajoute par ailleurs que les fumeurs peuvent potentiellement contaminer leur entourage du fait de leur toux fréquente et de la présence dans la fumée de particules sur lesquelles se fixent les virus.

"Arrêtez le plus vite possible. Sinon, ne fumez pas et ne vapotez pas au domicile. Si vous sortez, sortez seul et à distance minimale de 10 mètres de toute personne et de toute habitation", préconise le Pr Yves Martinet, pneumologue au CHU de Nancy et président du CNCT.

Selon une autre étude américaine publiée dans le New England Journal of Medicine, le Covid-19 peut survivre en laboratoire pendant trois heures sous la forme de particules dans l'air même si l'on ignore si cette faculté est importante pour la transmission de la maladie. 

Quid du vapotage

Le CNCT est en revanche plus prudente sur la question du vapotage: "il est trop tôt pour dire s’ils sont plus souvent atteints et/ou présentent des formes plus sévères que les non-fumeurs non-vapoteurs." L'association alerte toutefois sur la vapeur exhalée par les personnes infectées par le coronavirus, celle-ci pouvant comprendre des particules "potentiellement porteuses du virus". "Fumeurs et vapoteurs, il est urgent d’arrêter pour vous et vos proches" recommande enfin le CNCT.

Si le Haut conseil de la santé publique ne mentionne pas explicitement les fumeurs ou les vapoteurs, il liste "les personnes présentant une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d’une infection virale" parmi les personnes les plus à risque de développer une forme grave d’infection au Covid-19.

Mi-mars, le Premier ministre Edouard Philippe avait annoncé la fermeture de tous les lieux recevant du public "non indispensables à la vie du pays". Les bureaux de tabac font notamment partie de ces commerces qui restent ouverts en cette période de confinement. 

Hugues Garnier