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Grippe: une stratégie plus efficace pour produire les vaccins

Après l’isolement d’une nouvelle souche de virus grippal, il faut environ 5 à 6 mois pour pouvoir commencer à se fournir en vaccins homologués.

Après l’isolement d’une nouvelle souche de virus grippal, il faut environ 5 à 6 mois pour pouvoir commencer à se fournir en vaccins homologués. - iStock

Des chercheurs américains sont parvenus à améliorer le processus de fabrication du vaccin contre la grippe. Ils ont utilisé une nouvelle technique de culture du virus, qui a permis un résultat plus rapide et une meilleure efficacité pour se protéger des différentes souches.

Chaque hiver, 2 à 8 millions de personnes sont touchées par le virus de la grippe. C'est une maladie très contagieuse qui peut être grave, en particulier chez les personnes fragiles (personnes âgées ou atteintes de certaines maladies chroniques, femmes enceintes, personnes obèses, nourrissons).

La vaccination est le moyen le plus efficace pour se protéger et protéger son entourage, c'est pourquoi le ministère de la Santé lance chaque année une campagne nationale pour rappeler l'importance de ce geste. Mais pourquoi faut-il le réitérer chaque année, contrairement aux autres vaccins? Parce qu'il n'y a pas un mais plusieurs virus de grippe saisonnière et que ces derniers changent chaque année.

Difficile de se protéger contre toutes les souches virales 

"La composition du vaccin est adaptée aux virus qui sont plus susceptibles de circuler pendant l'hiver", précise l'Assurance maladie. Un nouveau vaccin est donc disponible chaque automne, mais son efficacité n'est jamais optimale. Il se peut par ailleurs que le virus contenu dans le vaccin mute et ne corresponde plus exactement aux souches virales qui circuleront selon les experts de l'Organisation mondiale de la santé, généralement deux souches de grippe A et deux souches de grippe B.

Si la piste d'un vaccin universel contre la grippe est souvent évoquée, des chercheurs de l'université du Wisconsin ont trouvé une solution plus pragmatique. Dans leur étude, ces derniers expliquent avoir développé une technologie qui pourrait améliorer le processus et le délai de fabrication du vaccin, qui est de 5 mois à 6 mois. Après l’isolement des nouvelles souches, le virus vaccinal est injecté dans des milliers d’œufs, qui sont mis à incuber pendant deux à trois jours pendant lesquels il se multiplie.

Un rendement plus rapide et important

Plutôt que cette technique, les chercheurs ont eu l'idée de cultiver le virus dans des cellules de mammifères. Ils ont pour cela choisi une souche de virus qui se réplique le plus fidèlement possible et y ont ajouté deux gènes dont la fonction est de coder pour que le virus produise des protéines à sa surface qui déclenchent la réponse immunitaire humaine.

Outre un rendement plus rapide et plus important, cette technique rend aussi le virus moins susceptible de muter. Un avantage pour les responsables de santé qui doivent réagir rapidement en cas de pandémie de grippe. "Il ne sera peut être pas parfait, mais il sera sensiblement meilleur que les vaccins actuels", atteste Yoshihiro Kawaoka, principal auteur de l'étude.

Eviter les complications de la grippe 

Si d'autres tests doivent être menés pour savoir si cette nouvelle technique peut être adaptée dans des conditions industrielles, le chercheur précise que plusieurs entreprises et organismes fédéraux l'ont déjà contacté. A terme, l'objectif serait d'aider à développer des vaccins plus efficaces pour éviter les milliers de décès et d'hospitalisation liés à l'infection grippale chaque année rien qu'aux Etats-Unis.

En France, le ministère de la Santé précise que pour la saison 2015-2016, près de 3 000 hospitalisations ont été rapportées par les services d’urgence, dont 1 109 cas graves. 48,3 % des personnes invitées à se faire vacciner ont eu recours au vaccin grippal, soit une hausse de 2,2 points en un an. Mais ces conclusions que "malgré ce taux qui remonte, la couverture vaccinale reste encore largement insuffisante".

Alexandra Bresson