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Grève des médecins: "Pas question de mettre en difficulté les patients"

La grève des médecins a repris ce lundi sous une nouvelle forme (photo d'illustration).

La grève des médecins a repris ce lundi sous une nouvelle forme (photo d'illustration). - Philippe Huguen - AFP

Invité de BFMTV lundi, Jean-Paul Hamon, président de la fédération des médecins de France, a expliqué les raisons de la grève des médecins et proposé des alternatives à la généralisation du tiers payant.

Après quatre jours de pause, les médecins ont repris la grève. Mais sous une nouvelle forme. Depuis lundi matin, certains généralistes et spécialistes ont décidé de refuser la carte vitale. Le but? Noyer sous la paperasse les caisses de l'Assurance maladie. Une opération qui risque de rallonger le temps d'attente des patients pour se faire rembourser. Jean-Paul Hamon, médecin généraliste et président de la fédération des médecins de France, explique que la démarche n'a pas pour objectif de nuire au patient et donne quelques alternatives à la généralisation du tiers payant.

Pourquoi entamer une nouvelle phase de la grève des médecins?

On met en place une grève administrative. Puisque la ministre (de la Santé, Marisol Touraine, ndlr) ne nous entend pas, on espère qu’elle va entendre l’appel au secours du directeur de la Caisse d’assurance maladie (CPAM). On a décidé de faire une grève administrative en arrêtant d’utiliser la carte Vitale. Naturellement, il n’est pas question de mettre en difficulté les patients économiquement faibles ou les patients qui pourraient attendre un remboursement rapide de la consultation.

Nous avons mis des affiches explicatives dans les salles d’attente. Nous faisons signer aux patients des pétitions. Ils comprennent que les médecins libéraux ne se battent pas pour gagner davantage d’argent mais pour travailler dans d’autres conditions et accueillir correctement les patients. On verra bien ce que ça va donner et on verra bien combien de temps va tenir la Sécurité sociale. Dans tous les cas, c’est parti. Et les médecins sont bien déterminés cette fois à ne pas arrêter le mouvement, ni à écouter les propos démagogiques que peut tenir Marisol Touraine.

Le premier mouvement a-t-il débloqué la situation?

Actuellement, on peut dire que ça ne bouge absolument pas. La ministre est en train de nous balader en nous donnant des hypothétiques groupes de travail dont les dates ne sont toujours pas fixées à ce jour. Et ce sont des groupes de travail pour lesquels on a déjà travaillé depuis le mois de mars. Sur le tiers payant, on a eu quatre réunions de trois heures avec les responsables ministériels, avec les représentants des patients, avec les complémentaires, avec les représentants de la sécurité sociale.

Les représentants de la sécurité sociale et les représentants du ministère nous ont dit qu’ils auraient la plus grande difficulté à mettre en place un tiers payant généralisé. Les complémentaires ne veulent pas du guichet unique de la sécurité sociale que les médecins réclament parce qu’elles veulent savoir ce qu’elles remboursent.

Existe-t-il des alternatives à la généralisation du tiers-payant proposée par Marisol Touraine?

Nous avons dit à Marisol Touraine que nous étions prêts à mettre en place un tiers payant social pour les personnes qui en ont besoin. On a même proposé aux représentants ministériels d’utiliser la carte bleue santé qui est déjà utilisée par le Crédit mutuel et plus d’un million de patients, où le patient donne sa carte bleue santé au médecin qui est payé et où le patient est débité une fois qu’il a été remboursé par la sécurité sociale et par la mutuelle. Ces solutions-là, Marisol Touraine n’en veut pas. Et quand elle dit que ça va être gratuit, elle ment une fois de plus car la gratuité va générer pour l’Assurance maladie au moins un milliard d’euros supplémentaires dans la mesure où elle va avoir à gérer chaque année 230 millions de feuilles de soins et les remboursements vers les 692 mutuelles.

A. Dt