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Gestion de la crise sanitaire: le business des plaintes contre les ministres

Depuis le début de la crise sanitaire, 14.500 plaintes ont été reçues par la Cour de justice de la République. Un site Internet a même été créé et propose des formulaires pré-remplis pour faciliter les recours contre l'exécutif.

Sur Internet, quelques clics suffisent pour remplir une plainte contre un membre du gouvernement actuel. À l'origine de ce site, l’association d’information et de défense de la santé publique et environnementale, créée au cours de l'été par l'avocat Me Fabrice Di Vizio, un farouche opposant au pass sanitaire.

"Le but est de signaler qu'il y a un problème, de faire pression sur le gouvernement pour que ce pass sanitaire saute par lui-même. Nous avons la capacité de faire sauter le système d'une certaine manière", explique à BFMTV l'avocat habitué de l'émission de Cyril Hanouna, Touche pas à mon poste.

Le site propose trois modèles de plaintes: une contre Olivier Véran pour "violation des règles déontologiques", une autre contre Jean-Michel Blanquer pour "pour extorsion et discrimination", et une dernière contre Jean Castex et Olivier Véran "pour absence de prise de mesures pour combattre un sinistre".

Une fois remplis, les formulaires doivent être expédiés par les plaignants à l'instance indiquée. Seule condition pour les internautes: débourser 2 euros pour accéder aux formulaires de plaintes pré-remplis.

14.500 plaintes à la CJR depuis le début de la crise

L'affaire semble plutôt rentable car depuis le mois d'août, la Cour de justice de la République (CJR) a reçu des milliers de plaintes, et pas moins de 14.500 depuis le début de la crise sanitaire, selon le procureur général près la Cour de cassation François Molins. Un phénomène jugé inquiétant par Didier Paris, membre de cette juridiction.

"On est dans une société qui se judiciarise à l'extrême. Le danger que j'y vois, c'est que c'est trop facile d'utiliser ce biais judiciaire pour des raisons strictement politiques", estime au micro de BFMTV Didier Paris, par ailleurs député LaREM de la Côte-d'Or.

Mais pour Fabrice Di Vizio, ces plaintes répondent à "un climat de violence publique (...) Juridiquement, elles ont toutes un fondement. Nous ne sommes pas là pour faire le buzz mais du droit", assure-t-il au Parisien.

Perquisitions et convocations

À la suite de ces plaintes visant des membres du gouverment, des perquisitions ont été menées en octobre 2020 aux domiciles et dans les bureaux d'Olivier Véran, de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe et des ex-membres du gouvernement Agnès Buzyn, Sibeth Ndiaye, mais aussi du directeur général de la Santé Jérôme Salomon et de la directrice générale de Santé Publique France, Geneviève Chêne.

L'enquête sur la gestion gouvernementale de l'épidémie de Covid-19 connaît, ce vendredi, son premier développement majeur, avec la convocation de l'ex-ministre de la Santé, Agnès Buzyn, en vue d'une possible mise en examen.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV