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Eure: des parents inquiets d'une concentration de cancers pédiatriques dans des villes voisines

Des enfants en train de jouer.

Des enfants en train de jouer. - (Photo d'illustration). - Franck Perry - AFP

L'Agence régionale de santé de Normandie a, selon la procédure habituelle, demandé une enquête épidémiologique à une cellule de Santé Publique France.

Existe-t-il une ou des causes communes aux cancers pédiatriques dont sont victimes plusieurs enfants de l'Eure? C'est la question que se posent plusieurs parents de jeunes patients d'Igoville et Pont-de-l'Arche, en Normandie. Ces deux communes se font face, de part et d'autre de la Seine.

Charlène Bachelet réside à Igoville. C'est en accompagnant sa fille de cinq ans à une séance de chimiothérapie au CHU de Rouen qu'une conversation avec une autre mère de famille lui met la puce à l'oreille.

"Elle me dit qu'il y a trois cas de cancers dans sa commune. Je lui demande où elle habite, pensant qu'elle habitait dans une grande ville. Elle me répond qu'elle habite à Pont-de-l'Arche. Moi j'habite à Igoville, la ville voisine", témoigne-t-elle auprès de RMC. 

L'Agence régionale de santé suit le dossier

En recoupant les témoignages des parents, elle réalise "qu'au moins sept enfants" des deux communes sont suivis dans le même hôpital pour des cancers pédiatriques. Au total, ces deux villes totalisent à peine 1.000 habitants. La proportion d'enfants touchés l'interpelle: aujourd'hui, Charlène Bachelet totalise neuf enfants, souligne-t-elle auprès de RTL.

Son signalement auprès de l'Agence régionale de santé (ARS) n'est pas restée lettre morte. L'antenne de Normandie a, comme le veut la procédure normale en cas de réception d'un tel signal, demandé "très récemment" une enquête épidémiologique confié à la Cellule d'intervention en région (CIRE) de Santé Publique France. 

"C'est une enquête basée sur des données, des statistiques, il ne s'agit pas de prélèvements", rappelle auprès de BFMTV.com l'ARS Normandie. Notamment les dates de diagnostic, la prévalence des maladies sur l'ensemble de la France, etc. 

"Pour donner une idée, nous devons avoir un signal de ce type par an à l'ARS en ce qui concerne les maladies chroniques, pas nécessairement les cancers", illustre l'agence. Sans qu'une de ces enquêtes n'ait donné suite ces dernières années, ajoute-t-elle. 

L'enquête épidémiologique dure plusieurs mois. Si éventuellement les travaux relèvent une suspicion conforme au signal émis par les parents inquiets, un deuxième volet de l'enquête s'ouvre alors, éventuellement avec une enquête environnementale, détaille l'ARS. 

Liv Audigane