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Etablissement de santé: la réputation, premier critère de choix

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Qualité des soins, proximité, coût, personnel soignant... plusieurs éléments entrent en compte pour choisir un établissement en cas d'hospitalisation pour une maladie chronique, notamment un cancer. Quels sont les plus importants? La réputation et de loin, liée à l'avis du médecin.

Quels sont les critères les plus importants aux yeux des Français pour choisir leur hôpital ou leur clinique? Un sondage Odoxa pour la Fédération Unicancer s'est intéressé à cette question alors que la problématique des déserts médicaux est majeure et que bon nombre de Français s'inquiètent de voir disparaître leur hôpital de proximité. Les résultats révèlent que leur choix est davantage motivé par la réputation d'un établissement (61%) que par sa proximité ou son coût (31% de citations sur ces deux items).

Plus précisément, 38% des sondés affirment qu'ils le choisiraient avant tout en fonction "de la réputation des médecins et de l'établissement" et 23% le choisiraient en fonction de sa recommandation. L'aspect "proximité" n'est cité qu'en 3ème position, loin derrière les deux premiers critères avec "seulement" 16% des personnes interrogées. Le coût du "reste à charge", s'il constitue aussi une problématique récurrente dans le débat public, n'est pas non plus un critère de choix prioritaire puisqu'il arrive en quatrième position.

Enfin, un dernier critère prioritaire est cité en premier lieu par 8% des Français, celui de la qualité d'accueil et des services proposés. "Les résultats de notre enquête montrent que le patient attend une prise en charge de qualité évidemment mais il choisit aussi son établissement selon d’autres critères, tout aussi importants pour lui, sa réputation, sa proximité géographique...", déclare le Pr Viens, Président d’Unicancer.

Le traitement "humain" par le personnel est primordial

En cas d’hospitalisation pour un cancer, les trois-quarts des Français feraient avant tout confiance à leurs médecins pour leur recommander un établissement. Le sondage montre ainsi que le corps médical constitue une source de recommandation plus crédibles que les autres sources proposées, comme les associations de patients (8%) et l'avis des proches (7%). Et même si les ventes des journaux dont les numéros sont consacrés aux palmarès des hôpitaux sont souvent des "cartons", ce type d'avis arrive en dernière position.

"C'est donc par une bonne recommandation du corps médical que les hôpitaux pourront le plus convaincre de leur expertise", résument les experts. Ces derniers ont aussi interrogé les Français sur leurs propres critères au cas où ils seraient amenés à recommander un établissement à un proche concerné par une pathologie grave comme un cancer. S'ils devaient le faire en se fondant sur leur propre expérience, en dehors de la qualité des soins logiquement prioritaire, deux critères dominent tous les autres.

Le premier cité est la façon dont ils ont été traités sur le plan humain, et le second concerne "l'efficacité de la prise en charge" soit le fait que tout se passe de façon fluide au niveau administratif. Un critère particulièrement prisé par les 18-24 ans et les catégories sociales supérieures. A côté de ces deux aspects ultradominants, les autres critères semblent nettement plus secondaires que prioritaires: il s'agit des services dont les patients auraient bénéficié en dehors des soins médicaux et de la qualité de l'accueil.

L’impact de la révolution des nouvelles technologies

"Les leviers de la relation avec le patient évoluent. Nous devons l’accepter et penser l’hôpital autrement.", ajoute le Pr Viens. Les experts ont également demandé aux Français quels étaient les deux services connexes qui, en dehors de la qualité de soins, leur semblaient les plus importants pour justifier leur recommandation. C'est là que l'accessibilité de l'établissement entre en compte (deux tiers des interviewés) ainsi que la qualité de la restauration.

Autre aspect évoqué dans le sondage, celui de la santé connectée et de l’impact des nouvelles technologies sur la santé. Plus de 8 Français sur 10 seraient aujourd'hui prêts à être équipés d'objets connectés de santé pour assurer le suivi de leur maladie chronique ou de leur affection de longue durée, cancer inclus. Ils sont tout aussi nombreux à penser que la santé connectée constitue une opportunité pour la prévention (82%) et même pour la qualité des soins (76%).

Par ailleurs, alors que la ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé vouloir que 70% des actes de chirurgie soient réalisés en ambulatoire (sans nuit passée à l’hôpital) d’ici à cinq ans, cette solution séduit les Français. En cas de cancer notamment, 8 Français sur 10, préféreraient être soignés chez eux et ne se rendre que de temps en temps à l’hôpital. Autre conséquence, les nouvelles technologies ont bouleversé aussi le rôle du patient.

Un Français sur deux considère en effet que le patient doit absolument être un acteur du traitement de sa maladie alors qu’ils étaient encore une large majorité (54% contre 43%) il y a deux ans à penser qu’il devait laisser faire le médecin. "Le rôle du patient évolue, il est plus que jamais connecté et il veut être acteur de sa prise en charge. La cancérologie française doit évoluer pour intégrer les progrès de la recherche, les nouvelles attentes des patients, la e-santé, l’ambulatoire.", conclut le Pr Viens.

Alexandra Bresson