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Essai thérapeutique: le patient en état de mort cérébrale a succombé

Le patient décédé était hospitalisé au CHU de Rennes, comme les cinq autres personnes touchées par l'accident

Le patient décédé était hospitalisé au CHU de Rennes, comme les cinq autres personnes touchées par l'accident - DAMIEN MEYER / AFP

Le patient en état de mort cérébrale après un accident d'essai thérapeutique est décédé en milieu de journée, a annoncé le CHU de Rennes. Biotrial, le laboratoire qui mène ce test, n'a toujours pas donné d'explications.

L'homme plongé en état de mort cérébrale après un accident lors d'un essai thérapeutique a succombé en milieu de journée, annonce le CHU de Rennes. 

Dans un communiqué, le CHU précise que "l'état de santé des cinq autres patients hospitalisés reste stable". Sur ces cinq patients, quatre présentent des troubles neurologiques dont la gravité n'a pas été précisée. Le cinquième ne présente pas de symptôme. Tous ces patients sont des hommes âgés de 28 à 49 ans, originaires de l'ouest de la France. 

Biotrial "dans l'inexplicable"

Le patient décédé est le premier à avoir été hospitalisé dimanche dernier. Lundi matin, son état de santé s'était dégradé brutalement. Les autres patients l'ont été entre dimanche et mercredi.

Biotrial, le laboratoire qui mène ce test, n'a pas été en mesure de fournir plus d'explications sur le drame, affirmant ce dimanche : "On est toujours dans l'inexplicable, dans l'inexpliqué". 

Dix autres patients reçus au CHU

"Les 84 autres personnes volontaires ayant été exposées au médicament de l'essai" ont été contactées, fait savoir l'hôpital. Cet essai porte sur une molécule censée soulager les douleurs et l'anxiété. 

Parmi celles-ci, "10 d'entre elles ont été reçues en consultation et ont bénéficié d'un examen au CHU de Rennes, le samedi 16 après-midi. Les anomalies cliniques et radiologiques présentes chez les patients hospitalisés n'ont pas été retrouvées chez ces 10 volontaires", souligne le communiqué.

"Parmi les personnes contactées, cinq d'entre elles ont manifesté le souhait d'une prise en charge à proximité de leur domicile. Le CHU de Rennes en organise la coordination avec les autres établissements hospitaliers concernés. Parallèlement, 66 appels ont été réceptionnés au numéro vert mis en place par le CHU, soit le 02 99 28 24 47", précise encore le CHU.

Trois enquêtes en cours

Samedi, les locaux de Biotrial, le laboratoire qui conduit les tests étaient inspectés par l'Igas (Inspection générale des affaires sociales). L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a elle aussi était saisie. Un contrôle de routine effectué en 2014 avait donné des résultats positifs, a rappelé Marisol Touraine. 

Sur le plan judiciaire, une enquête de flagrance a été ouverte pour "blessures involontaires supérieures à trois mois" au pôle santé du parquet de Paris, a indiqué ce dernier. Elle a été confiée à la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Rennes et à un service de gendarmerie spécialisé dans la santé (Oclaesp).

Cet accident thérapeutique demeure sans précédents en France. 

la rédaction avec AFP