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Épidémie de grippe: est-il trop tard pour se faire vacciner?

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- - Illustration AFP

Une épidémie de grippe touche la France depuis quelques semaines. Le docteur Alain Ducardonnet nous explique s'il est encore utile de se faire vacciner si tard après l'apparition du virus.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a prévenu ce mercredi que l’épidémie de grippe qui touche la France est assez grave. “Le bilan de l’épidémie sera probablement lourd puisque le nombre de personnes malades est particulièrement important”, a-t-elle expliqué lors d’un point sur la situation.

Elle a également appelé les hôpitaux à reporter les opérations non urgentes afin de “garantir qu’il y ait suffisamment de lits disponibles”. Alors que le pic national devrait être atteint la semaine prochaine, est-il déjà trop tard pour se faire vacciner contre ce virus ?

"C'est franchement tard, car on est au milieu de l'épidémie, avec une probable diminution du nombre de malades”, nous explique le Dr Alain Ducardonnet, consultant santé de BFMTV. “Le vaccin a besoin de 2-3 semaines pour être efficace. Donc, globalement on n'a pas d'intérêt à se faire vacciner."

Certaines personnes fragiles peuvent encore essayer

Pour certaines personnes, en particulier les personnes fragiles, âgées ou souffrant de maladies chroniques (problèmes cardiaques, asthme, diabète...) cela peut encore être utile, mais n'a pas non plus "grand intérêt". "L'idéal c'était en octobre-novembre", rappelle notre consultant.

Il ne reste plus que les manoeuvres d'évitement classiques comme se laver les mains, faire attention lorsque l'on éternue... "C'est ce qui est le plus 'rentable'", image-t-il. Les masques de leur côté “ne filtrent pas tout de façon absolue”, mais peuvent être efficaces si on est au contact d’autres personnes malades.

Ceux qui se sont vaccinés en octobre-novembre bien protégés

Ceux qui ce sont vaccinés avaient tout de même une bonne protection cette année ce qui amène à dire que ceux qui ne sont pas vaccinés ont raté "une belle occasion". "Cette année le virus que l'on a trouvé dans tous les prélèvements était du genre H3N2, qui est dans le vaccin. Les gens avaient donc une bonne protection. Ce n'est jamais du 100% avec un vaccin, mais c'est de l'ordre de 70%, donc c'était une bonne occasion de ne pas tomber malade."

Les taux de personnes infectées sont différents en fonction des régions. Ainsi en PACA, "ça a déjà commencé à diminuer", et en Île-de-France "ça n’augmente plus", détaille le Dr Alain Ducardonnet. C’est ainsi maintenant au médecin traitant de trancher au niveau local pour voir si le vaccin est absolument nécessaire.

James Abbott