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En retard, mais en nombre : les pollens sont de retour, les allergies aussi

Cette année, le pic se produira mi juillet à cause des mauvaises conditions météo. Il se déroulait deux semaines plus tôt normalement.

Cette année, le pic se produira mi juillet à cause des mauvaises conditions météo. Il se déroulait deux semaines plus tôt normalement. - -

Ils sont en retard, mais pas inoffensifs pour autant : à la campagne comme à la ville, les pollens de graminées causent des allergies à plus de 10% de la population et le Réseau national de surveillance aérobiologique parle « d’alerte rouge ». Quelques conseils pour mieux profiter du printemps.

Les yeux rouges, le nez qui coule, des crises d'éternuements : les allergiques l'ont constaté, le pollen est dans l'air, et le Réseau national de surveillance aérobiologique parle même d'alerte rouge.
L'alternance d'épisodes de soleil et de pluie a fait exploser la teneur de l'air en pollen de graminées. Tout le pays est concerné et le risque est très élevé sur tout le territoire, sauf en Méditerranée où le risque est moyen. Et il va falloir encore être patient : la météo a retardé le pic de deux semaines qui, au lieu de se terminer fin juin, se finira mi-juillet. En France, entre 10 à 20% de la population seraient allergiques à des pollens.

« Comme il a beaucoup plu, les plantes produisent plus »

Micaela Dona est allergologue à Paris. Depuis quelques semaines, elle a remarqué une intense activité, « comme la grippe quand il y a une épidémie en février ». Et impossible d’y échapper. « Les pollens de graminées sont là, ce sont les petites plantes qu’on voit partout, dans les squares, les bordures d’arbres, et les prés bien-sûr à la campagne. A Paris, il y en a autant qu’à la campagne, ils sont tout petits, et ils volent très loin. Cette année, c’est un peu spécial car les pollens sont en retard à cause du froid. Mais comme il a beaucoup plu, les plantes produisent plus. Et quand il fait chaud, elles sortent leurs pollens dans l’atmosphère ».

« La désensibilisation permet de guérir »

Même si, une fois que la crise commence, il est souvent trop tard, il y a malgré tout des solutions. « Sur le moment présent, se protéger est impossible. On dit qu’il faut bien se laver les cheveux, bien fermer les fenêtres pour ne pas avoir de pollens dans la maison. Il faut un traitement symptomatique, pour soigner tout de suite, et puis la désensibilisation est un traitement qui permet de guérir. Pour les enfants et les jeunes, on sait que l’allergie ira en s’aggravant, on propose plus facilement une désensibilisation ». Ensuite, il faudra être patient : « C’est comme une vaccination à long terme. On fait ingérer l’allergène par voie orale tous les jours pendant trois ans. Il ne faut pas se décourager, il faut tenir bon, mais au bout du compte, on est guéri ».

Mathias Chaillot avec Thomas Chupin