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E-santé: les Français partagés sur l'usage des nouvelles technologies

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Un sondage mené pour l’Observatoire Cetelem montre que l'e-santé est perçue comme une source de progrès et d’amélioration à de nombreux égards, notamment en matière de télémédecine. Mais des réserves subsistent toutefois notamment face à la question épineuse de la collecte et du partage des données de santé.

Après une enquête sur les perceptions qu'ont les Français de leur santé, l'Observatoire Cetelem s'intéresse cette fois à la santé de demain. Mené avec Harris Interactive, ce sondage met en lumière leurs espoirs et leurs craintes pour le futur de la santé, où la technologie occupe une place de plus en plus importante.

En premier lieu, les Français se disent favorables à l’utilisation des nouvelles technologies dans le domaine de la santé: les trois quarts d’entre eux (78%) estiment que cette évolution est une bonne chose pour l’univers médical. Dans le détail, 20% des sondés déclarent qu’il s’agit d’une "très bonne chose", quand 58% qui estiment qu'il s’agit d’une "bonne chose".

Parmi les domaines concrets où l’utilisation des technologies peut apporter des améliorations, l'e-santé est perçue comme une avancée pour améliorer la transmission d’informations entre les professionnels de santé et assurer un meilleur suivi médical au quotidien grâce à des indicateurs de santé. Par ailleurs, 75% des sondés estiment qu’elle peut permettre de limiter les déplacements des patients et 67% qu’elle peut de fait aider à lutter contre les déserts médicaux.

Télémédecine: une hiérarchisation des consultations?

Il n'est donc pas surprenant de constater que les Français intègrent progressivement dans leurs habitudes de santé le recours aux technologies: 50% des sondés se disent favorables à ce que leur médecin traitant exerce en télémédecine, même s'ils envisagent à l’heure actuelle la consultation à distance que pour des actes anodins (renouvellement d’ordonnance, certificat médical, etc.).

"La télémédecine, une consultation à distance où le médecin et le patient échangent en vidéoconférence, apparaît ainsi comme un moyen de résoudre des inégalités géographiques", expliquent les auteurs. Les consultations visant à soigner des maux qui semblent bénins (angines, rhumes, etc.) comptent quant à elles presque autant de personnes privilégiant la télémédecine (42%) que les rendez-vous physiques (39%).

"L’arrivée progressive du numérique dans le domaine de la santé est bien perçue par les Français. Au-delà des avancées techniques, le développement de l’e-santé peut répondre à des problématiques qui sont au cœur des préoccupations de nombreux Français. Un exemple avec la télémédecine, qui peut être une des réponses à la lutte contre les déserts médicaux et qui peut favoriser le maintien à domicile", affirme Flavien Neuvy, responsable de L’Observatoire Cetelem.

Inquiétudes face à la collecte de données personnelles

Dans le même temps, le sondage montre également une réserve des personnes interrogées face au "big data", à savoir la collecte des données personnelles de santé. Ainsi, 64% des Français se montrent inquiets de l’utilisation qui pourrait en être faîte et 47% se déclarent personnellement opposés à ce que ces données soient collectées.

Si les sondés se montrent très enclins à partager leurs données avec leur médecin (91%) ou leur pharmacien (71%), ils le sont moins en ce qui concerne des mutuelles (47%) ou des entreprises offrant des services d'e-santé (24%). De fait, près de la moitié des Français (52%) considèrent que la collecte et l’utilisation des données dans ce domaine ne sont pas suffisamment encadrées par la loi.

L'espoir d'une meilleure espérance de vie

Dans ce contexte, l’avenir de la santé dans les vingt prochaines années apparaît comme contrasté, entre inquiétudes et espoirs concernant cette médecine du futur. Les nouvelles technologies, la robotique notamment, suscitent l’espoir d’améliorer les traitements et médicaments actuels pour favoriser la lutte contre certaines maladies comme le sida et le cancer.

Mais les Français évoquent aussi leurs peurs de voir se développer une médecine où les difficultés d’accès aux soins actuelles n’auront pas été résolues. La plus partagée des croyances est que demain, des maladies qui n’existent pas apparaîtront (90% s’en déclarent convaincus). "Le domaine de la santé concentre les interrogations face à l’avenir, où cohabitent le désir d’un monde meilleur et les craintes d’une dégradation des conditions d’existence", concluent ainsi les auteurs.

Cette perspective ne les condamne pas pour autant au pessimisme généralisé, la plupart adhérant à l’idée que les technologies permettront à l’homme de vivre plus longtemps (73%), notamment grâce au développement du transhumanisme (des organes artificiels plus performants) ou encore aux modifications génétiques évitant aux fœtus certaines maladies (67%). Enfin, 62% croient à la possibilité de recourir à des impressions 3D d’organes artificiels à l’avenir.

Alexandra Bresson