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Santé

Doit-on s'attendre à un retour en force de la grippe cet hiver?

Dépliants relatifs à la vaccination contre la grippe, le 13 octobre 2020.

Dépliants relatifs à la vaccination contre la grippe, le 13 octobre 2020. - LUDOVIC MARIN / AFP

La virulence de l'épidémie de grippe qui s'achève actuellement en Australie laisse craindre une poussée de la maladie cet hiver. D'autant que les Français, après deux années marquées par les gestes barrières, sont peu protégés.

Après deux hivers marqués par les gestes barrières et les mesures de distanciation sociale ayant permis de relayer la grippe au second plan, la maladie virale s'apprête-t-elle à faire son grand retour en France? C'est du moins ce que craint Alain Fischer, ancien "monsieur vaccin" du gouvernement et immunologue, dans une interview accordée au Parisien ce mercredi.

"Cette année, on aura du mal à maintenir un même niveau de protection: masques, distanciation, lavage des mains intensifs... Face à ce relâchement, il y a un risque sérieux d'épidémie de grippe", a-t-il déclaré auprès de nos confrères.

Une faible protection de la population

Plusieurs signaux permettent d'étayer le scénario avancé par le spécialiste. D'abord, l'absence d'importantes vagues grippales lors des deux derniers hivers, ce qui a empêché les Français de développer des anticorps face à la maladie, les rendant donc plus vulnérables.

"Avec les dernières saisons de grippe qui ont été peu importantes, je pense que l'immunité dans la population est faible", a déclaré à CNN la docteure Jennifer Nayak concernant la situation aux États-Unis, similaire à la France.

Autre élément inquiétant, la situation dans l'hémisphère sud. Dans cette partie du globe où les saisons sont inversées par rapport à l'hémisphère nord, la période de propagation de la grippe se situe d'avril à octobre. Les tendances qui y sont observées permettent de mesurer la virulence des périodes grippales qui s'annoncent.

Or, cette année, les cas de grippes ont été très importants en Australie. Comme le rapporte le Sydney Morning Herald, le nombre de cas mensuels en 2022 a déjà dépassé ceux de 2017 et 2019, pourtant déjà marqués par un taux importants de malades et de cas mortels. Le pic de contaminations a même été atteint beaucoup plus tôt. Du côté des chiffres, le constat est sans appel. 147.000 cas de grippe ont été confirmés par les laboratoires australiens cette année, contre 731 l'année dernière.

"Ce qui s'est passé en Australie est un élément d'alerte", a reconnu Alain Fischer dans Le Parisien.

"Une très mauvaise saison grippale"

Aux États-Unis, Anthony Fauci, conseiller médical du président des États-Unis, a déjà prévenu les Américains. Ils doivent se préparer à "une très mauvaise saison grippale". L'immunologue craint même qu'à ce retour en force de la grippe vienne se coupler une nouvelle vague de Covid-19.

Aux États-Unis comme en France, les services de santé n'ont pour l'instant jamais eu à faire face à une telle situation. "Une cohabitation Covid-grippe, cela n’a rien de réjouissant. C’est synonyme d’un nombre très élevé d’hospitalisations", a prévenu Alain Fischer.

Face à ce scénario redouté qui se détaille peu à peu, les gouvernements aux États-Unis comme en France misent sur la vaccination. Aussi bien contre la grippe que contre le Covid-19.

Inciter à la vaccination

Dans son avis relatif à l'homologation des vaccins bivalents ciblant à la fois la souche originale du Covid-19 et le variant Omicron, la Haute Autorité de Santé (HAS) a recommandé au gouvernement de coupler la date de départ de la vaccination contre la grippe, fixée au 18 octobre, au départ de la campagne de vaccination relative aux vaccins bivalents, qui débutera finalement le 3 octobre.

L'objectif de la HAS était d'inciter les Français à se vacciner en même temps contre les deux virus. D'autant que les taux de couverture vaccinale relatifs à la grippe n'étaient guère réjouissants les années passées. Pour la saison grippale 2021-2022, seul 52,6% des Français étaient vaccinés, comme le rapporte Santé Publique France.

Interrogé sur le Covid-19 par Franceinfo mardi, le ministre de la Santé François Braun a tenu à élargir son propos à la grippe et à toutes les infections hivernales. "Le masque dans les transports, ça vous protège de la grippe, de la transmission de la bronchiolite pour l'enfant... Ce n'est pas uniquement qu'un principe de protection pour le Covid", a-t-il déclaré.

Jules Fresard