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"Des symptômes partent et reviennent": deux malades du "Covid long" témoignent de leurs souffrances

Mélanie L. et Bénédicte Pescio sont atteintes d'une forme longue de Covid-19. Sur BFMTV ce mercredi, les deux femmes assurent toujours souffrir de séquelles, près d'un an après avoir été contaminées.

De longs mois après avoir été contaminés, certains malades du Covid-19 continuent de présenter des séquelles et des symptômes plus ou moins graves de la maladie, souvent par vagues. Mélanie L, une jeune femme de 27 ans qui affirme avoir été contaminée en mars 2020, raconte sur BFMTV son parcours tumultueux.

Au début de la pandémie, Mélanie est certaine d'avoir contracté le virus. Elle présente certains symptômes, mais faute de tests suffisants à l'époque en France, elle ne peut se faire tester. Et presque un an après sa contamination, elle décrit de longs mois de souffrance, entre rechutes et symptômes persistants.

"Je ne suis pas dans mon état normal"

"Depuis mars, c'est des symptômes divers. C'est vraiment tout le corps qui est impacté: ORL, thoracique, abdominal, musculaire...", raconte la jeune femme, qui décrit "des douleurs partout dans le corps". "Il y a des symptômes qui sont toujours présents depuis le début de la maladie, même si l'intensité des symptômes varie en fonction de nos efforts, et notamment du travail".

"Certains symptômes partent, se calment et d'autres reviennent... C'est ce que j'appelle des rechutes", explique-t-elle, avant de confier: "Mais même en dehors des rechutes, je suis mal, je ne suis pas dans mon état normal". "Ma première rechute, c'était le 29 mai", poursuit Mélanie, qui pense alors avoir contracté une nouvelle fois le coronavirus. Mais le test sérologique qu'elle réalise lui indique pourtant qu'elle est négative.

Depuis, la jeune femme dit avoir des difficultés à continuer à travailler. Sur BFMTV, elle explique avoir "consulté neuf généralistes, un cardiologue, un radiologue, un cancérologue". Selon elle, tous les professionnels de santé expliquent que son mal-être n'est pas dû au Covid-19, du fait qu'elle ait eu une sérologie négative au mois de mai.

Une liste de symptômes considérable

L'histoire de Bénédicte Pescio est similaire. Cette directrice d'un centre de formation tombe elle aussi malade du Covid-19 au mois de mars 2020. Au micro de BFMTV, elle décrit ce mercredi des conséquences lourdes, et des symptômes qui sont restés quotidiens, à tel point qu'elle a été obligée d'arrêter de travailler pendant de longs mois.

"Tout a changé dans ma vie: sur onze mois de maladie, j'ai été en arrêt sept mois et demi environ, alors que j'étais une personne qui travaillait énormément et qui n'avait pas de problèmes de santé auparavant", souligne-t-elle, plaidant pour que le Covid long soit reconnu comme une maladie à part entière.

"Maintenant, quand je travaille deux heures, il faut que je me couche quatre heures. Quand je cuisine et/ou vais faire des courses pendant une heure, pareil, je suis obligée de me coucher pendant quatre heures. Tout le quotidien est modifié, même dans les relations avec nos proches".

À ce jour encore, Bénédicte Pescio confie souffrir "d'inflammations au niveau de la cage thoracique qui créent des douleurs atroces, à en gémir, voire à en pleurer trois soirs sur quatre". Elle dit aussi avoir "des douleurs au niveau du coeur ou encore de la mâchoire, et s'être retrouvée aux urgences, ne pouvant plus vraiment ouvrir la bouche pendant une semaine", au point de ne plus pouvoir "s'alimenter". "J'ai aussi une inflammation au niveau des articulations des hanches qui fait que je ne peux plus me baisser pour mettre mes chaussures toute seule, ma gorge s'enflamme aussi dès que je suis fatiguée, je perd complètement ma voix... Je peux aussi avoir une tachychardie importante (...), m'évanouir ou avoir des faiblesses musculaires".

Des recommandations faites aux médecins

Selon elle, "c'est la persistance des symptômes" qui a permis aux médecins de reconnaître dès juin 2020 qu'elle était atteinte d'une forme de "Covid long", afin de lui prescrire une prise en charge particulière.

La semaine dernière, la Haute autorité de santé (HAS) a publié des recommandations à l'attention des professionnels de santé afin de les aider à prendre en charge les patients atteints de Covid long. Car les pathologies induites par le virus sont encore mal connues, même de la part des médecins qui n'ont parfois pas assez de recul.

La HAS a déterminé trois critères qui permettent de définir un Covid long: le patient doit d'abord avoir développé une forme symptomatique de coronavirus (avec un ou plusieurs symptôme(s) initiaux), il doit avoir conservé ces symptômes pendant au moins quatre semaines, sans que ces symptômes ne puissent être expliqués par un autre diagnostique".

Ce mercredi, l'Assemblée nationale a appelé le gouvernement à renforcer l'action contre les formes graves et longues du Covid-19, en élaborant un "parcours de soins adapté" et en étendant la possibilité de prise en charge comme maladie professionnelle.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV