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Des "pistes intéressantes" mais pas de "traitement miracle": Véran fait le point sur la recherche contre le Covid-19

Olivier Véran

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Olivier Véran, ministre de la Santé, était notre invité ce lundi matin. Il en a profité pour faire un bilan des recherches en cours pour trouver un traitement contre le Covid-19.

Si les gestes-barrières et les masques, désormais omniprésents dans l'espace public, servent à parer au plus pressé, un traitement permettrait de repousser la menace du virus de manière plus décisive. Toutefois, l'heure est encore à la recherche et les scientifiques s'échinent toujours à trouver la formule.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, sur notre antenne ce lundi matin, a ainsi fait le point sur le projet européen testant quatre médicaments différents:

"L’essai Discovery est un essai européen donc il concerne plusieurs pays et 3000 patients."

"C'est pas génial"

En fait de 3000 patients européens, l'expérience repose plutôt sur 720 patients français, comme Olivier Véran a d'ailleurs bien voulu en convenir, critiquant à demi-mots l'engagement des pays partenaires:

"Le nombre de malades n’est pas aussi élevé qu’espéré mais ce n’est pas du fait de la France."

Attendus par Emmanuel Macron au 14 mai, le ministre s'est montré plus vague quant aux résultats:

"Je ne sais pas si ce sera le 14 mai précisément mais j’attends les résultats pour dans quelques jours. S’ils sont suffisamment solides, compte-tenu du nombre de patients inclus, nous verrons, ce n’est pas moi qui le décide."

Si Olivier Véran s'est bien gardé d'entrer dans les détails des premiers résultats, il a confirmé qu'à ce jour, aucune "traitement miracle" n'est sur le point d'être validé:

"On a beaucoup de résultats qui sont sortis notamment sur une étude parisienne qui a testé beaucoup de médicaments. Pour l’instant, ce n’est pas génial, on n’a pas un traitement miracle dont on peut se dire qu’on peut le donner en toute sécurité et en étant sûr que ça marche."

L'homme politique a explicité: "Les scientifiques nous disent qu’aucun médicament n’a fait montre d’une efficacité suffisante, étayée scientifiquement pour qu’on puisse en donner massivement."

"Si un pays doit trouver le médicament"

Pour autant, il ne faudrait pas croire, selon lui, que les chercheurs n'ont fait aucune avancée pour le moment:

"On a plusieurs pistes intéressantes, notamment celle menant à un anti-interleukine, qui lutte contre le mécanisme inflammatoire du coronavirus. On a une étude performante qui doit être consolidée dans la durée."

Optimiste, le ministre de la Santé veut croire que la solution viendra de la recherche française, dont il loue l'investissement:

"On a plus de 2000 patients inclus dans plus d’une trentaine d’essais cliniques en cours. Statistiquement, s’il y a un pays qui doit trouver un médicament qui marche, il y a de bonnes chances que ce soit le nôtre". 
Robin Verner