BFMTV

Covid-19: que sait-on des formes longues de la maladie?

Test Covid à Saint Gaudens (Haute-Garonne) le 13 juillet 2021.

Test Covid à Saint Gaudens (Haute-Garonne) le 13 juillet 2021. - Philippe LOPEZ © 2019 AFP

À l'origine de douleurs et d'une faiblesse généralisée, cette forme de la maladie touche des patients de plus en plus jeunes.

Le président Emmanuel Macron poursuit sa campagne en faveur de la vaccination contre le Covid-19. Dans une dernière vidéo publiée ce vendredi depuis le fort de Brégançon dans le Var, Emmanuel Macron a une nouvelle fois incité les Français, y compris les plus jeunes, de se faire immuniser contre le coronavirus alors que le variant Delta poursuit sa route sur le territoire français.

"Faîtes-vous vacciner, faîtes-vous vacciner, faîtes-vous vacciner", martèle-t-il dans cette nouvelle séquence, voyant derrière cette action "une question de citoyenneté".

Afin de sensibiliser les plus jeunes, Emmanuel Macron avait en début de semaine, lors d'un live tenu sur les réseaux sociaux, exposé les conséquences du covid long, une forme de la maladie qui touche prioritairement les publics les moins âgés. "Beaucoup de jeunes peuvent être frappés par cela, [avec] pendant des mois et des mois un sentiment de fatigue et des difficultés à respirer", avait-il dit.

Des symptômes violents

Au-delà des risques de cette forme de la maladie, il convient de souligner que les contours de cette pathologie sont encore extrêmement méconnus. Toutefois, les personnes atteintes ont toutes un point commun, des symptômes lancinants, qui vident de toutes forces et empêchent une respiration maximale.

À l'antenne de BFMTV en février dernier, deux jeunes femmes atteintes témoignaient de leurs souffrances quotidiennes.

"Tout a changé dans ma vie: sur onze mois de maladie, j'ai été en arrêt sept mois et demi environ, alors que j'étais une personne qui travaillait énormément et qui n'avait pas de problèmes de santé auparavant", soulignait l'une d'entre elles. Parmi la liste de ses douleurs, des inflammations au niveau de la cage thoracique, des douleurs au niveau du coeur ou encore de la mâchoire qui parfois l'ont empêché d'ouvrir la bouche durant une semaine, ou encore des inflammations au niveau des hanches qui interdisent une mobilité optimale.

En début d'année, la Haute Autorité de Santé (HAS) avait déterminé plusieurs critères qui permettent de définir un Covid long: le patient doit d'abord avoir développé une forme symptomatique de coronavirus (avec un ou plusieurs symptôme(s) initiaux), il doit avoir conservé ces symptômes pendant au moins quatre semaines, sans que ces symptômes ne puissent être expliqués par un autre diagnostique.

Une maladie encore méconnue

D'un point de vue strictement scientifique, plusieurs recherches sont en cours afin de mieux comprendre cette grave pathologie. Comme le soulignent Les Echos, dans un premier temps, des chercheurs pensaient avoir fait le lien entre formes graves et formes longues de la maladie dans une étude de janvier 2021. Sur les 1733 patients d'un hôpital de Wuhan, les conclusions indiquaient que 76% des hospitalisés avaient eu des symptômes durables.

Mais, selon des données rapportées par l'OMS, si les formes graves de la maladie semblent bien épargner les patients les plus jeunes, l'inverse n'est pas forcément vrai pour le Covid long, puisqu'une partie des patients auraient été asymptomatiques, révélait une étude italienne dont les conclusions ont été publiées en début d'année.

Toujours selon Les Echos, certaines études se sont également penchées sur les cas de Covid longs parmi les personnes jeunes ayant été victimes d'une infection légère. Si les résultats ne sont pas clairs et définitifs, les scientifiques s'accordent à dire que de tels cas existent bien.

L'effet de la vaccination

Se pose alors la question de l'efficacité des vaccins contre cette forme longue du coronavirus. Si la vaccination permet bien de protéger contre les formes graves de la maladie, alors, logiquement, elle devrait également être protectrice contre le Covid long qui en découle.

Si pour l'heure aucune étude officielle ne vient corroborer cette théorie, des faisceaux d'indices laissent entrevoir l'efficacité des injections. Comme le rappelle L'Express, en juillet dernier, Ziyad Al-Aly, épidémiologiste à l'université de Washington, expliquait que "parmi les personnes vaccinées qui ont tout de même contracté le virus, le risque de se retrouver à l'hôpital avec des symptômes de Covid long est très, très faible."

Une théorie partagée par des scientifiques français dont la professeure Dominique Salmon, infectiologue à l'Hôtel-Dieu, qui dans les colonnes de Ouest-France assurait que "les patients vaccinés sont capables d'éradiquer le virus plus rapidement, et on peut donc penser que la vaccination peut être bénéfique vis-à-vis du Covid long." 

De plus, pour les personnes déjà contaminées, la vaccination pourrait être un atout, soulignent des travaux du collectif britannique Long Covid SOS. Selon ce dernier, sur les 812 patients vaccinés, 56,7% ont connu une amélioration globale des symptômes.

Des traîtement d'ici la fin de l'année?

En ce qui concerne un possible traitement, là aussi, la science avance progressivement. En mai, l'Union européenne avait dévoilé des dispositions pour encourager le développement de traitements contre le Covid-19, notamment les symptômes persistants et handicapants. Le but était d'autoriser jusqu'à cinq nouveaux traitements "efficaces" d'ici la fin de l'année.

Cette "stratégie", via des soutiens financiers à la recherche et des assouplissements réglementaires, doit permettre d'"autoriser trois nouveaux traitements contre le Covid-19 d'ici à octobre 2021 et éventuellement deux autres d'ici la fin de l'année", indique la Commission européenne.

Jusqu'à présent, un seul traitement spécifique anti-Covid a été approuvé dans l'UE (l'antiviral Remdesivir). L'exécutif européen entend investir 90 millions d'euros dans les "études démographiques" et essais cliniques, mais aussi 5 millions pour améliorer la collecte des données des essais et autant pour analyser les processus de fabrication et identifier les éventuels "goulots d'étranglement".

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV