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Covid-19: pour Éric Caumes, le refus de soignants de se faire vacciner est un "geste politique"

Le chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière considère comme "une évidence" la vaccination des soignants.

Pour lui, la vaccination des soignants est "une évidence". Alors que la propagation du variant Delta, majoritaire sur le territoire, inquiète les autorités, la vaccination obligatoire du personnel soignant est sur toutes les lèvres. Parmi les partisans d'une telle mesur: le professeur Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) et invité d'Apolline de Malherbe ce samedi:

"Je l'ai toujours dit, je suis pour la vaccination obligatoire pour les soignants, mais comme je suis pour la vaccination obligatoire contre la grippe," estime le professeur. "On ne peut pas se permettre, nous, soignants, de transmettre à des malades des infections. On ne peut pas l'accepter, c'est inadmissible."

"Notre métier c'est aussi de prévenir la transmission de maladies"

Autour de lui, Éric Caumes observe une certaine résistance "que l'on ne peut pas nier" au sujet de la vaccination. Un sujet "clivant" selon lui, qui s'appuie sur des arguments bien particuliers:

"L'argument principal utilisé c'est: "plutôt d'avoir des soignants vaccinés, on aimerait commencer par avoir des soignants". Cela ne me parait pas être un argument recevable. Pour eux le problème ce n'est pas la vaccination des soignants, c'est qu'il faut plus de soignants, ce qui est absolument une évidence qu'on répète depuis un an et demi. Mais je pense qu'il ne faut pas mettre les deux en opposition, et qu'il faut comprendre que quand on a un métier de soignant, notre métier c'est aussi de prévenir la transmission de maladies".

Il rappelle également avoir tenté de sensibiliser au maximum à la vaccination au sein de son service, sans pour autant réussir complètement puisqu'à l'AP-HP, "le taux de couverture vaccinale est de 70%".

"C'est d'autant plus bizarre à comprendre que les soignants sont vaccinés contre l'hépatite B, c'est obligatoire sinon ils ne peuvent même pas démarrer des études d'infirmier" s'interroge Éric Caumes.

"Je n'arrive pas à le comprendre en tant que médecin"

L'obligation vaccinale, déjà ancrée chez les soignants donc avec d'autres pathologies. Pourtant, le débat subsiste, et c'est d'autant plus difficile à comprendre pour le chef du service des maladies infectieuses de la Pitié-Salpêtrière alors des soignants sont morts de la maladie:

"Je n'arrive pas à le comprendre en tant que médecin. J'ai l'impression que les soignants en refusant la vaccination en font un geste politique. C'est mon impression, je ne peux pas vous dire que c'est une réalité, mais j'ai cette impression de clivages qui n'ont pas lieu d'être. Ce n'est pas un acte politique de se vacciner, c'est un acte altruiste." estime-t-il.

Le Premier ministre Jean Castex est actuellement en train de travailler sur la préparation d'un projet de loi pour mettre en place cette obligation vaccinale des soignants. Et il l'a annoncé lors d'une visioconférence avec les associations d'élus ce jeudi, l'aval du Conseil constitutionnel sera nécessaire pour que cela puisse se mettre en place.

Louis Augry