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Covid-19: le ralentissement de l'épidémie plus marqué dans les départements sous restrictions depuis le 20 mars

Une nouvelle étude de l'Inserm note un ralentissement plus marqué de la courbe épidémique dans les 16 départements passés sous mesures de freinage renforcé le 20 mars.

Près de trois semaines après l'entrée en vigueur du confinement allégé, Jean Castex s'est réjoui que la décrue de l'épidémie soit désormais amorcée en France, tout en rappelant que celle-ci était deux fois moins rapide qu'en novembre dernier.

Toutefois, selon le Premier ministre, cette baisse des chiffres liés au Covid-19 a été plus rapide et plus significative dans les territoires où des mesures de restrictions avaient été prises dès le mois de mars.

"Cette décrue concerne près de 80% des départements, elle est plus marquée dans les territoires où la circulation était repartie plus vite, et donc on nous avions pris des mesures anticipées dès le 20 mars dernier", a déclaré Jean Castex lors de sa conférence de presse ce jeudi, mentionnant les Hauts-de-France, l'Ile-de-France ou encore les Alpes-Maritimes.

"Pas de baisse claire et nette partout"

C'est ce que rapporte en effet une étude de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) publiée ce mardi. Cette dernière note que le ralentissement de la courbe épidémique est plus marqué dans les 16 départements sous restrictions depuis le 20 mars.

L'étude de l'Inserm rapporte que dans les zones où des restrictions ont été prises tôt, le nombre d’admissions à l'hôpital et en soins critiques "montre une diminution", tandis que "pour les autres départements, l’évolution montre plutôt l’existence d’un plateau".

Les restrictions "ont effectivement eu un impact: on le voit bien sur les courbes", a aussi commenté sur notre antenne ce jeudi Vittoria Colizza, directrice de recherche à l'Inserm, spécialiste de la modélisation des épidémies, avant de préciser que cette baisse des indicateurs n'avait pas la même nature partout.

"Dans les territoires qui ont mis en place des mesures dès le 20 mars, il y a un réel ralentissement de la courbe épidémique. C'est-à-dire qu'on a passé un pic à la fin du mois de mars et depuis, on voit bien une descente", explique la chercheuse.

En revanche, note-t-elle, "sur les autres territoires (où les restrictions n'ont été mises en place qu'au début du mois d'avril), on voit un ralentissement, mais les indicateurs d'admission à l'hôpital et en soins critiques sont en train de se stabiliser sur un plateau, donc là on ne voit pas encore de descente claire et nette".

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV